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“Why may not our country be enriched by that lucrative traffic?”: The slave trade and the failed politics of federal proscription in the early American Republic (1787-1808)
Cet article est une étude des aspects commerciaux du débat sur l’abolition de la traite aux États-Unis durant la période de la jeune république. Il fait usage des travaux récents sur la traite transatlantique sous drapeau américain ainsi que sur le débat de l’esclavage durant cette période pour montrer que la question de la traite fut un élément moteur du débat national sur l’esclavage. Ce débat opposa deux groupes au Congrès mais également au sein des différents États, dont les intérêts dans leur soutien ou leur opposition à la traite étaient variés. Au sein de ce débat, c’est bien la problématique de l’étendue du pouvoir fédéral sur le commerce qui structura les positions divergentes. Les deux argumentaires (opposition à l’abolition ou restriction) développèrent les termes du débat durant la période en insistant tout particulièrement sur la nature commerciale de la traite, mais aussi sur le rôle du gouvernement dans sa continuation ou non. Ainsi, l’article soutient que le débat politique sur la traite était avant tout un débat sur la place du commerce au sein de la jeune république, là où les conceptions antagonistes sur le rôle de l’État dans la régulation du commerce furent mobilisées par les acteurs du débat pour étayer le bien-fondé politique de leur opposition ou leur soutien à la traite. -
« Du corps vivant au texte inanimé » : la représentation de la mort dans Evelina de Frances Burney
À travers Evelina, Frances Burney participe au débat houleux sur le suicide. Mais ce qu’elle critique avant tout, c’est la notion de belle mort, soulignant combien elle révèle les effets délétères de l’imposition d’une image passive sur les femmes. Si les hommes suicidaires se donnent activement la mort, les femmes, victimes de la violence masculine, se laissent simplement dépérir. Il est d’ailleurs révélateur que le mariage apparaisse dans ce roman comme la fin attendue qui met un terme à la vie des femmes. Cette omniprésence de la mort, contre laquelle la femme s’inscrit tout en s’y projetant, est à relier à son rôle dans l’écriture. La mort féminine confère une autorité qui rend possible toute une lignée de textes féminins. -
« Faire silence » dans l’emblématique chrétienne de l’époque moderne : quelques exemples chez Geffrey Whitney, Henry Peacham et Francis Quarles
Faire silence implique que le silence est imposé, souvent à soi-même, pour congédier le discours stérile et faire affleurer la parole intérieure. Dans l’emblématique anglaise chrétienne du début du xviie siècle, le silence est d’abord montré par des images souvent tirées du fonds culturel de l’Antiquité et qui empruntent à l’éloquence classique plusieurs de ses parties (inventio, dispositio, actio…) Ainsi les images travaillent-elles les émotions de celui qui les regarde. Le silence s’exprime aussi, paradoxalement, par les gloses poétiques, parfois longues comme dans les Hieroglyphikes de Quarles (1638), mais qui refusent pourtant la grande ostentation oratoire à la manière de Cicéron pour privilégier une rhétorique laconique, coupée et brève, à l’imitation de Sénèque ou de Tacite. Images et textes se conjuguent alors pour faire de l’emblème un exercice de méditation silencieuse par lequel l’orant entre en communication avec le divin. -
« Gulliver, Robinson et les autres… » : espace du texte et textualisation de l’espace auXVIIIe siècle
Le discours est voyage, raconté ou lu, en conformité avec l’étymologie qui le définit comme ‘déplacement’. Discourir, digresser, métaphoriser, c’est toujours la même chose, la même errance au fil du langage. (Bony, Discours et vérité dans Les Voyages de Gulliver 22). Le titre de mon article renvoie au bel ouvrage d’Alain Bony intitulé Discours et vérité dans Les Voyages de Gulliver (2002) sur les errances de ce célèbre personnage éponyme, ouvrage qui fait le lien entre le discours, le récit, ... -
« Laws for laughing ! » : discours théorique et pratique thếâtrale sur la scène comique du XVIIIe siècle
Cet article se propose de mettre en lumière les contradictions entre le discours théorique sur le rire et la pratique théâtrale du xviiie siècle. Tout d’abord, il se concentre sur un aspect majeur du débat sur la « régularité » ou légitimité de la comédie qui concerne la nature du comique et l’objet du rire. D’une part, les théoriciens proposent des définitions de l’humour, de la raillerie, du ridicule et se prononcent sur la qualité du rire, convenable ou inacceptable. D’autre part, la composition du répertoire et la programmation des salles officielles démontrent que c’est le rire jugé grossier et souvent agressif de la farce qui assure la prospérité des théâtres. En second lieu, la popularité de l’imitation, pratiquée par les plus grands acteurs, est analysée dans le contexte plus large du jeu de l’acteur comique au xviiie siècle, notamment à travers la théâtralisation grotesque du corps. Enfin, la censure préalable des textes dramatiques, introduite par la loi de 1737, s’est appliquée à éliminer du répertoire la grivoiserie, au nom de la bienséance réclamée par le public bourgeois, et la satire politique, comme en témoignent les démêlés de Charles Macklin avec le Lord Chamberlain. Le rire satirique survit néanmoins avec succès dans les caricatures individuelles de Samuel Foote et grâce aux subterfuges de l’interprétation, ajoutés aux textes préalablement soumis au Censeur. -
« She were a rose indeed, if she had but— » : Aposiopèse et chasteté dans les romances de William Shakespeare
Les traités de rhétorique du xvie siècle prônent la chasteté du discours et enjoignent de préférer le silence à l’indécence, notamment par le recours à l’aposiopèse ou figure de l’interruption. Dans The Arte Of English Poesie (1589), George Puttenham en recommande l’usage à des fins de réticence pudique du discours. Dans les romances shakespeariennes, la chasteté est souvent soulignée et, s’inspirant des romans grecs du début de l’ère chrétienne, les pièces mettent en scène des personnages qui prêchent la pudeur du discours. Elles se prêtent alors tout particulièrement à l’étude du lien entre silence et chasteté, tel qu’il est tissé dans le recours à l’aposiopèse. Le trope est défini par les traités de rhétorique comme figure de la retenue. Cet article vise à démontrer qu’à l’inverse des prescriptions des traités, les pièces détournent cette figure de la réticence du discours de l’énonciateur en une figure de la connivence avec le spectateur. -
« The Progress of Man » et « The Loves of the Triangles » de l’Anti-Jacobin, entre parodie politique de poésie didactique et Nonsense avant l’heure
Cet article s’intéresse à deux parodies de poésie didactique publiées dans l’Anti-Jacobin au cours de la session parlementaire 1797-1798. L’étude de ces textes permet de voir comment les débats politiques et esthétiques s’articulent dans le contexte plus large de la controverse révolutionnaire. Les parodies, du fait de la virtuosité formelle qui y est mise en œuvre, peuvent être considérées comme faisant pleinement partie d’une tradition de satire lettrée inspirée par les scriblériens et qui annonce le Nonsense victorien. L’excès satirique de didactisme et d’érudition mal à propos donne lieu à un discours fou censé révéler la véritable inanité de la langue révolutionnaire. -
« What Dangerous Men » : La pratique de la médecine sur l’île de la Dominique à la fin du xviiie siècle
Au cours du xviiie siècle, le développement du système esclavagiste dans les Antilles britanniques attira de nombreux colons désireux de mener une carrière transatlantique. Clercs, intendants, comptables et autres professionnels vinrent ainsi grossir les rangs de ceux qui s’enrichissaient grâce au labeur des esclaves africains. Parmi ceux-ci, les médecins occupaient une place particulière car les soins qu’ils apportaient aux esclaves visaient à atténuer les effets destructeurs et débilitants du système plantaire. Cet article se concentre sur trois médecins écossais, collègues, travaillant sur l’île de la Dominique dans les années 1790. En s’appuyant notamment sur le journal intime de l’un d’entre eux, cette étude a pour ambition de confronter les différences dans leur pratique médicale et d’interroger l’influence du système esclavagiste sur leur approche scientifique et leurs motivations personnelles. Ce faisant, il dresse un portrait de la violence du quotidien de cette société coloniale. -
A Brief History of Modesty
Cet article aborde les concepts de la mesure et de l’excès par le prisme du terme “modest”. Considérer la modestie comme une valeur clé des xviie et xviiie siècles permet de détailler les dimensions politiques et esthétiques de la modération dans toute leur complexité. L’adjectif “modest” est utilisé très fréquemment pendant cette période et l’étude s’appuie sur des exemples tirés de Jonathan Swift, John Milton, Sarah Fielding et Alexander Pope pour montrer le rôle joué par ce mot dans la rhétorique politique, la bienséance entre les sexes, la représentation à la ville comme à la scène. Cependant, comme le montre la variété des usages de la modestie, celle-ci sert aussi à souligner les tensions entre naturalisme, retenue et passion, ainsi qu’à mettre en évidence la relation ambigüe entre la vertu et l’apparence de vertu. -
A Gentleman’s “moderate knowledge”: Mediocrity as the Appropriate Measure of Learning in John Locke’s Some Thoughts Concerning Education
Il s’agit ici d’étudier la spécificité des recommandations qu’adresse Locke aux professeurs sur le choix d’un programme d’études approprié dans Some Thoughts Concerning Education, dont le caractère essentiel semble être la modération. L’excellence dans les savoirs classiques et modernes est inutile à la formation d’un homme accompli, l’éducation ayant pour but d’inspirer des habitudes vertueuses, ce pour quoi suffisent des manières modestement raffinées et un aperçu des diverses sciences. Ce « savoir suffisant » semble devoir être rapproché de « l’état de médiocrité » qui, selon l’Essay Concerning Human Understanding, est propre à l’homme dans sa vie terrestre. C’est la leçon que Locke juge nécessaire de rappeler à la noblesse de son temps : la médiocrité qu’il prête à l’ensemble des êtres humains est particulièrement propre à décrire la condition de la noblesse dans les dernières décennies du xviie siècle, marquées par l’inquiétude. -
À gorge déployée ? Rire et guillotine en Grande-Bretagne pendant la Révolution française
Dans une Angleterre traumatisée par l’exécution de Louis xvi et gagnée par la peur de la révolution, il n’est guère de mise, voire il est dangereux, de rire de la guillotine. Les loyalistes imposent un contrôle social strict, mais s’ils font du rictus des révolutionnaires français face à la guillotine le signe de l’inhumanité jacobine, ils ne s’interdisent pas d’en plaisanter eux-mêmes, dans des contextes génériques tels que la satire ou le burlesque. Les polémistes radicaux tels que Richard ‘Citizen’ Lee ou John Thelwall, de leur côté, utilisent l’arme du rire pour déstabiliser les hiérarchies sociales, politiques, et génériques. Le rire, cependant, représente peut-être chez eux un faux-fuyant, dans la mesure où il évacue le discours argumenté sur le régicide et la violence révolutionnaire. -
A New Look at the Zong Case of 1783
L’assassinat de 132 captifs africains sur le Zong en novembre 1781 et la visibilité qu’acquit cet événement tandis que l’affaire était portée devant les tribunaux pour une question de dédommagement lié à l’assurance du navire devint une cause célèbre dans l’histoire de l'abolitionnisme au XVIIIe siècle, tant l’événement montrait avec force détails l’inhumanité de la traite négrière. On oublie souvent que les faits se produisirent en mer au sud-ouest de la Jamaïque pendant la Révolution américaine, époque où la Jamaïque était très mal en point. Cet article explore le contexte jamaïcain de cette sinistre affaire et fait le lien entre ce qui se passa à bord de ce navire tristement célèbre et l’évolution de la situation commerciale de la Jamaïque en temps de guerre, soulignant ainsi qu’il s'agit d'un événement aussi important pour l’histoire de la Jamaïque que pour celle de la Grande-Bretagne. -
A Patch-work Screen : la preuve par le manuscrit
Dix ans après Love Intrigues, un fluide récit autobiographique, la polygraphe jacobite Jane Barker publie en 1723 A Patch-Work Screen for the Ladies, suite de son autobiographie romancée, désormais insérée dans un fantaisiste récit cadre et émaillée de reprises de ses poèmes antérieurs, ostensiblement présentés comme des manuscrits. Ce faisant, elle poursuit la tâche de chroniqueuse-propagandiste des Stuarts qu’elle s’est assignée durant un long exil à Saint Germain-en-Laye. Alors que la polémique autour de Robinson Crusoë en 1719 hypothèque le récit autobiographique, la mise en abyme du manuscrit, texte soustrait à la diffusion commerciale, permet à Jane Barker de créer un dispositif d’authentification fondé sur les connivences sociologiques et idéologiques de l’élite conservatrice au lendemain de la « Bulle » des Mers du Sud. -
Agnès Derail, dir., Puritains d’Amérique: Prestige et déclin d’une théocratie, textes choisis, 1620-1750
Ce recueil, imprimé sur du papier « bible » particulièrement approprié à son objet, est bien plus dense qu’il n’y paraît au premier coup d’œil. Il s’agit d’une anthologie critique de textes écrits par des puritains de Nouvelle-Angleterre, essentiellement au xviie siècle. En cela, le titre de l’ouvrage est quelque peu trompeur, dans la mesure où la période qui suit l’épisode des sorcières de Salem (1692) est nettement moins documentée que les premières décennies, de même que les écrits de puri... -
Agrégation externe d’anglais 2021 - Jonathan Swift, Gulliver’s Travels
Brève présentation Il serait présomptueux de prétendre « cadrer » l’étude d’un texte qui s’y prête si peu. Le récit de Jonathan Swift (1667-1745), texte fondateur au début du XVIIIe siècle, comme Robinson Crusoe, de toute une culture et de tout un imaginaire commun, a été abondamment commenté. L’un des plus étudiés de la littérature anglaise, il conserve sa part d’énigme tant il pose fondamentalement, à travers le discours de son narrateur-personnage, la question du sens et de l’interprétatio... -
Alain Morvan, éd., Marc Porée, coll., Frankenstein et autres romans gothiques
Ce nouveau volume de la prestigieuse « Bibliothèque de la Pléiade » présente un choix de cinq romans sous l’étiquette générique de romans gothiques. Se succèdent ainsi de manière chronologique le Château d’Otrante (1764) de Horace Walpole, Vathek de William Beckford, Le Moine de Matthew Gregory Lewis, L’Italien, ou le Confessionnal des pénitents noirs d’Ann Radcliffe et Frankenstein de Mary Shelley (1818 et 1831). Le gothique est donc ici abordé à travers cinq de ses illustrations les plus br... -
Aleksandra Kowalska, Entre affirmation et répression, la sexualité féminine d’Aphra Behn aux sœurs Brontë
Comme l’indique le titre, cet ouvrage propose une étude de la représentation de la sexualité féminine dans le roman féminin anglais de la fin du xviie siècle au début du xixe siècle. L’auteur s’appuie sur le constat que la sexualité féminine est au cœur d’un paradoxe. Bien qu’elle soit un sujet tabou, associée au vice, aux passions, et à toutes sortes de désordres jugés incompatibles avec la féminité sur la période concernée, elle constitue néanmoins le thème principal du roman féminin, dont ... -
Alexandra Walsham, Charitable Hatred: Tolerance and Intolerance in England, 1500-1700
Dans son ouvrage dont le titre provocateur se réfère à « charitable Christian Hatred », position recommandée en 1630 par Joseph Bentham, vicaire puritain de Boughton (Northamptonshire), afin que ses fidèles s’interrogent sur leur capacité à aimer ou à haïr, Alexandra Walsham choisit de s’opposer à une vision linéaire de l’histoire, qui associe systématiquement les acquis de la liberté au triomphe de la démocratie. Son étude magistrale débute avec la rupture initiée par Henri viii avec l’Églis... -
Alice Sowall & Penny A. Weiss, eds., Feminist Interpretations of Mary Astell. Re-Reading the Canon
Preuve supplémentaire de sa reconnaissance intellectuelle comme philosophe, Mary Astell fait son entrée dans la collection Feminist Interpretations of… (sous la direction générale de Nancy Tuana) après d’autres femmes: Hannah Arendt (1995), Simone de Beauvoir (1995), Mary Wollstonecraft (1996), Emma Goldman (2007) et Jane Addams (2010). Les onze contributions de cet ouvrage se complètent pour examiner les multiples facettes de la pensée préféministe (adjectif qu’utilisent les puristes pour la... -
aline helg, Slave No More ! Self-Liberation before Abolitionism in the Americas
Les travaux sur le monde atlantique ont longtemps pâti d’un cloisonnement culturel (ou impérial) des historiographies. Le présent livre, traduction et adaptation en anglais d’un travail paru en 2016, entreprend de remédier à ce problème en proposant un panorama d’une grande richesse autour de la thématique des sorties d’esclavage. En adoptant une échelle hémisphérique, l’autrice propose une histoire de l’esclavage du point de vue des populations esclavisées, et plus spécifiquement de celles e... -
An Art of Translation: Churchill’s Uses of Eighteenth-Century British History
Le mythe persistant du Churchill Premier ministre qui sauva la Grande-Bretagne de l’invasion nazie en 1940 fait parfois oublier sa réputation d’homme de lettres. Churchill fut couronné du prix Nobel de littérature en 1953. Il fut l’auteur d’une œuvre considérable, dont The Life and Times of Marlborough (1934-38), The History of the English-speaking Peoples (1956-58) et The Second World War (1948-53). Le Churchill historien et écrivain n’intéresse véritablement les spécialistes que depuis une quinzaine d’année. On s’accorde généralement à dire que Churchill écrivait l’histoire en homme politique, mais la littérature existante ne s’est guère penchée sur sa lecture du XVIIIe siècle et l’utilisation qu’il en faisait. De nombreux aspects du XVIIIe siècle britannique, tant au niveau national qu’international, faisaient écho à la compréhension qu’avait Churchill de son époque. Le présent article montre que, au-delà de l’évidence du lien de famille entre Marlborough et Churchill, les références au XVIIIe siècle formaient un aspect essentiel de la culture historique de ce dernier et qu’il savait en faire bon usage lorsqu’il le jugeait utile. -
andrew c. thompson, ed., The Oxford History of Protestant Dissenting Traditions, Volume II: The Long Eighteenth Century c.1689-c.1828
The Long Eighteenth Century c.1689-c.1828 (June 2018) is the second volume in the five-volume Oxford History of Dissenting Protestant Traditions series. It is preceded in the series by The Post-Reformation Era, c.1559-c.1689, Volume i, edited by John Coffey (due 2019), and followed by The Nineteenth Century, Volume iii, eds. Timothy Larsen and Michael Ledger-Lomas (May 2017), The Twentieth Century: Traditions in a Global Context, Volume iv, ed. Jehu J. Hanciles (March 2019), and The Twentieth... -
Animalizing Women and Men in an Episode of the Querelle des femmes : John Lyly vs Jane Anger
La première défense en anglais écrite par une persona autoriale féminine, Jane Anger, sous le titre Protection for Women (1589) appartient à la controverse connue sous le nom de Querelle des femmes. À ce titre, elle envisage un opposant dont elle récuse les arguments. Dans cet article, l’opposant, dont l’identité réelle demeure incertaine, est John Lyly dans sa Cooling Card for Philautus (1578). Les deux textes sont analysés à travers les bestiaires qu’ils construisent pour définir les natures féminine et masculine. Dans un premier temps, il analyse les enjeux philosophiques de ces comparaisons animales. Dans un second temps, il étudie comment la défense par Lyly de l’ordre des sexes se fonde sur le positionnement du sexe féminin à la frontière entre l’humain et l’animal. Enfin, il établit comment Anger déconstruit l’attaque de son adversaire en démontrant que la misogynie et la misogamie ramènent les hommes au rang des bêtes. -
Ann Radcliffe, Les Mystères de la forêt
Les éditeurs nous font actuellement redécouvrir les traductions françaises des romans anglais du XVIIIe siècle et notamment ceux d’Ann Radcliffe. On ne peut que s’en réjouir, d’autant que les œuvres de cette romancière, si décriées de ce côté-ci de la Manche par les critiques de son époque au nom du « bon goût » français, ne sont plus affublées des qualificatifs « frénétiques », « noirs » ou « terrifiants », contresens qui les dépréciaient en les limitant au suspense. Plutôt que de retraduir... -
Anne Bandry-Scubbi, & Rémi Vuillemin, éds, Real and Imaginary Travels, 16th-18th centuries / Voyages réels, voyages imaginaires, XVIe-XVIIIe siècles
Cet ouvrage collectif rend compte du colloque tenu à l’université de Strasbourg les 3-4 avril 2014 : il rassemble les contributions, en anglais et en français, de dix chercheurs européens venus de six pays différents. Les analyses éclairent les liens qu’entretiennent écriture et voyage de la Renaissance aux Lumières, époque où, grâce aux échanges culturels et commerciaux grandissants, se façonne l’Europe actuelle. Comme son titre l’indique, ce recueil témoigne des rapports riches et variés en...