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Étude technologique d’une collection lithique rapportée au Paléolithique inférieur dans l’Ahaggar (Sahara algérien)
La finalité de ce mémoire était de reconstituer les processus mis en œuvre dans la production de l’outillage, depuis l’acquisition et la sélection de la matière première, jusqu’à l’abandon des outils finis après leur utilisation. La région de l’Ahaggar est un grand massif montagneux qui se situe à l’extrême sud algérien. Avec plus de 450 000 km² de superficie, l’Ahaggar relie le désert de Tanezrouft à l’ouest et le Tassili n’Ajjer à l’est. Il s’étire des environs de In Salah jusqu’aux frontiè... -
Europe, Afrique, Asie
L’afena, ou « sabre d’État ashanti », est difficile à classer dans la typologie des armes blanches. Les auteurs anglo-saxons utilisent le terme « sword », traduisible littéralement en français par « épée ». La lame de l’afena ne présentant pas de pointe destinée aux coups d’estoc, on choisira plutôt le terme de sabre. Dans sa forme la plus courante, il est constitué d’une poignée en forme d’haltère, avec deux sphères séparées par une fusée droite et cylindrique. Ces sphères sont, pour les exe... -
Existe-t-il un art lunda ?
La problématique essentielle de notre travail de maîtrise portant sur les arts du pouvoir dans l’empire lunda reposait sur la détermination d’un style artistique propre aux Lunda et sur l’élaboration de critères de caractérisation via l’analyse morphologique de pièces lunda identifiées comme telles et documentées. L’ensemble des résultats obtenus lors de ce travail préliminaire nous a conduit à poursuivre nos recherches dans cette voie à partir d’un corpus raisonné plus important d’un point ... -
Exploitation minière du cuivre dans la région de Nioro-du-Sahel (Mali) à l’époque des grands empires soudanais
Introduction Le cuivre est présent massivement dans les sites archéologiques de l’Afrique de l’Ouest durant la période des grands empires soudanais. Les textes arabes et la caravane perdue du Ma’den Ijâfen découverte par Théodore Monod (Monod 1969) attestent que ce cuivre est parvenu du Maghreb massivement en Afrique subsaharienne par voies transsahariennes (fig. 1). Toutefois, les ressources en cuivre de cette région ont, elles aussi, été exploitées : la recherche archéologique menée par Ni... -
Extension territoriale des mégalithes au Cameroun : foyers éteints, cultures vivantes et arts environnementaux
Dans la perspective d’un inventaire général du mégalithisme au Cameroun, une équipe interdisciplinaire étudie depuis 2006 les origines, les formes et la répartition territoriale des structures en pierre. Dans certaines régions, comme les monts Mandara et la haute vallée de la Bénoué, ce type de monuments participe d’une ethnologie encore bien vivante ; dans d’autres en revanche, telle l’Adamaoua, l’islamisation a précipité un abandon rapide des traditions mégalithiques pourtant reconnues parmi les plus anciennes au Cameroun. Le constat est nuancé dans le Grassland où les traditions de construction ont progressivement disparu, surtout sous l’effet de l’occidentalisation, bien que le patrimoine ancien serve toujours activement de référence aux activités rituelles actuelles. L’archéologie historique, l’ethnologie, l’ethnolinguistique, la phénoménologie de l’image et l’ethnobotanique sont autant d’approches méthodologiques qui permettent de retracer les origines des mégalithes, de comparer les techniques d’aménagement, de saisir le sens que prennent les divers éléments, tant dans les langues, les perceptions visuelles et les mémoires collectives, que dans une cosmologie où le règne végétal occupe une place fondamentale. -
Files de pierres dressées dans le sud de l'Éthiopie et au nord du Kenya
Les travaux de deux équipes américaines dans les années 1970 et 2000 ont fait connaître plusieurs sites à lignes de pierres dressées près du lac Turkana au nord du Kenya. Les plus anciens sont datés du début du IIIe millénaire avant notre ère, d’autres de la deuxième moitié du premier millénaire avant J.-C. Ils furent l’œuvre d’une société de pasteurs qui aurait connu la céramique. Dans le Sidamo, au sud de l’Éthiopie, les stèles phalliques des pays Gedeo et Sidama forment fréquemment des alignements plus ou moins longs, parfois associés à un petit tumulus allongé recouvrant une fosse qui semble avoir été une tombe. À Waheno, cette fosse contenait une hache polie, des microlithes en obsidienne et des tessons de céramique. Ces sites attribués aux xe-xiie siècles de notre ère, pourraient être en rapport avec la mise en place de l’agriculture régionale. Au sud du lac Chamo, en Éthiopie, les actuels habitants, Konso et Gewada, élèvent encore des pierres à certaines occasions. L’étude de leur organisation sociale et de leurs coutumes funéraires permet d’élargir le débat sur les fonctions des files de pierres ailleurs dans le monde. -
Flammes trompeuses : interprétation de quelques photos d’archives de scènes iconoclastes
La destruction d’objets rituels d’Afrique centrale par les missionnaires catholiques mais aussi protestants est un sujet dont l’illustration par le biais de documents photographiques n’est pas toujours des plus aisées. Dans cet article trois cas de bûchers censés consumer des objets païens seront analysés et permettront notamment de distinguer la réalité historique de la mise en scène ou de l’erreur interprétative. -
Fossés, enceintes et peste noire en Afrique de l’Ouest forestière (500-1500 AD)
L’histoire de la zone forestière de l’Afrique de l’Ouest avant le xve siècle demeure mal connue. Malgré des découvertes archéologiques majeures au xxe siècle, la région n’a pas suscité le même intérêt de la part de la communauté scientifique que les régions sahariennes et sahéliennes, notamment en termes de processus d’urbanisation. Pourtant, de la Côte d’Ivoire au Nigéria, des systèmes complexes de talus et de fossés attestent la montée en puissance de réseaux de villes et de territoires retranchés à l’époque médiévale. L’étude de la chronologie, de l’expansion, de l’agencement et de l’abandon de ces enceintes, qui remplissaient probablement différentes fonctions, a le potentiel de changer radicalement notre perception de l’histoire de la région sur la longue durée. L’article suggère qu’un abandon massif des enceintes se produisit au xive siècle, peut-être en lien avec la pandémie mondiale de peste noire. -
Gaëlle Beaujean (2019) – L’art de cour d’Abomey. Le sens des objets
Cet ouvrage, agrémenté d’une élogieuse préface de Catherine Coquery-Vidrovitch, fait suite à une thèse éponyme soutenue en 2015 à l’École des hautes études en sciences sociales, sous la direction de Jean-Paul Colleyn et Henry John Drewal. Ce travail fondamental pour l’histoire des arts de l’Afrique occidentale a été réalisé par une anthropologue, historienne et muséologue, Gaëlle Beaujean, responsable de collections Afrique au musée du quai Branly-Jacques Chirac. Elle a été commissaire des ex... -
Gutherz X. (éd., 2017) – Asa Koma : site néolithique dans le bassin du Gobaad (République de Djibouti)
Cet ouvrage, présenté par Xavier Gutherz, est consacré aux fouilles réalisées sur le site néolithique d’Asa Koma (République de Djibouti), découvert en 1982 par Roger Joussaume, et à sa mise en perspective régionale. Il réunit les contributions de nombreux scientifiques français, et constitue l’une des monographies de sites les plus complètes pour la période néolithique de la Corne de l’Afrique. Nous découvrons en effet, après une introduction de Roger Joussaume, des études portant sur l’his... -
Gutierrez M. & Benjamim M. H. (dir., 2019) – Recherches Archéologiques à Baia Farta (Benguela-Angola) / Pesquisas Arqueológicicas na Baia Farta (Benguela-Angola)
Ce livre publié en co-direction, préfacé par les ambassadeurs Sylvain Itté et Joao Bernardo de Miranda, constitue une importante contribution à l’histoire de l’Angola. Il a la particularité d’être bilingue, français/portugais, édité en double colonne. Son abondante illustration (photos, cartes, tableaux et iconographies d’époque) rend agréable la lecture des cinq chapitres qui le constituent. Dans le premier, Manuel Gutierrez, spécialiste de l’archéologie de l’Angola, l’un des principaux acte... -
H. Jousse (2017) – Atlas of Mammal distribution through Africa from the LGM (~18Ka) to Modern times. The Zooarchaeological record
© Archaeopress & H. Jousse L’auteur, Hélène Jousse, docteur en paléontologie et sédimentologie de l’université Claude Bernard (Lyon 1), possède à la fois une grande expérience de terrain (missions archéologiques sahariennes) et de muséologie (musée d’Histoire naturelle de Vienne, où le projet de cet atlas a été conçu). De ses études faunistiques sur le site néolithique malien de Kobadi, fouillé par M. Raimbault, est née une thèse élaborée sous la direction de C. Guérin et M. Faure. Cette prem... -
Henri-Jean Hugot (1916 -2014)
Henri-Jean Hugot nous a quittés le dimanche 8 juin 2014, dans sa 98e année. Né à Paris en 1916, il consacra sa vie à l’Afrique et plus spécialement au Sahara dont il devint l’un des spécialistes. Vie longue et riche, au parcours impossible à retracer en quelques lignes, dont nous tenons néanmoins à souligner ici quelques aspects. Figure 1 – Henri-Jean Hugot en 1973 (Akreijit, Dhar Tichitt) © B. Nantet À l’instar de Théodore Monod, Raymond Mauny et Jean Devisse, Henri Hugot faisait partie de ... -
Ifé, entre archives du sol et objets d’histoire
Depuis le séjour de Leo Frobenius en 1910 (Frobenius 1912, 1913), une vingtaine de campagnes de fouilles a été menée à Ifé (sud-ouest du Nigéria) par une douzaine d’archéologues différents, ce qui en fait certainement l’un des sites les plus fouillés d’Afrique subsaharienne (Chouin 2018 : 296). Les nombreuses fouilles sur ce site incombent en grande partie aux découvertes d’objets figuratifs en bronze et en terre cuite. Le plus souvent accidentelles, elles ont fait la renommée d’Ifé et motivé... -
In memoriam Jean Chavaillon (1925-2013)
© M. Gutierrez Jean Chavaillon, géologue et préhistorien, ancien directeur de recherches au CNRS nous a quittés le 21 décembre 2013 à l’âge de 88 ans. Il était né le 25 mars 1925 à Saint-Amand-Montrond, dans le Cher. La formation universitaire et la carrière de Jean Chavaillon sont riches et diversifiées : il obtient le diplôme de docteur en pharmacie à la faculté de Paris en 1949 en même temps qu’il participe aux fouilles archéologiques à Arcy-sur-Cure (Yonne) sous la direction d’André Leroi... -
In memoriam Jean-François Saliège (1943-2012)
Jean-François Saliège nous a quitté le 1er juin 2012 à la suite d’un accident cardiaque survenu une quinzaine de jours auparavant. Parisien, né et résident à Chartres, il commence sa carrière à la Sorbonne en 1965 dans le cadre technique du Laboratoire de Géographie physique et géologie dynamique dirigé par l’Académicien Louis Glangeaud. Sous l’impulsion de ce dernier, il participe à la création du Laboratoire de Recherche en Géochimie Isotopique avec René Létolle, Jean-Charles Fontes, Colett... -
Intérêt scientifique du concept de communauté de pratique pour l’étude des techniques céramiques du centre sud et sud-est du Niger
Cette note examine la contribution du concept de communauté de pratique pour l’étude des communautés potières des régions du centre sud et du sud-est du Niger. Au-delà de l’outil théorique qu’il fournit pour l’étude d’un collectif informel, nous avons souhaité mettre en évidence l’apport analytique que ce concept peut apporter aux ethno-archéologues et aux ethnologues qui cherchent à mieux comprendre les processus de transmissions des savoirs techniques au sein de communautés d’artisans. Une... -
Introduction au deuxième volet « Pierres dressées en Afrique de l’Est »
Communications presented during a session dedicated to “African Megaliths: a very present past” during the SAfA meeting at Toulouse (june 2016), are here published as two thematic parts within the previous and present issues of the peer-reviewed journal “Afrique: Archéologie & Arts”. The first was about “Funerary platforms, sometimes bounded by standing stones, south of the Sahel strip”. This second parts relates to “Standing stones from Eastern Africa”. -
Introduction au premier volet « Plateformes funéraires et cercles de pierres dressées en Afrique de l’Ouest »
Communications presented during a session dedicated to “African Megaliths: a very present past” during the SAfA meeting at Toulouse (June 2016), will be here published in the form of two thematic inserts within the present and the next issue of the journal Afrique : Archaeology & Arts. The first concerns funeral platforms, sometimes bounded by standing stones, South of the Sahelian strip. -
Ivory and Stone: Direct Connections between Sculptural Media along the Coast of Sierra Leone, 15th–16th Centuries
Depuis la découverte de sculptures anciennes en pierre en Sierra Leone, et l’attribution d’œuvres en ivoire au sein des collections européennes aux Sapi, peuples anciens de Sierra Leone, la question de leurs relations est posée. Où étaient les ateliers des tailleurs sur ivoire et les ateliers des tailleurs sur pierre ; étaient-ils les mêmes ? Quelques exemples ont un contenu identique. Les motifs suggèrent que les sculptures en ivoire destinées aux Portugais traduisaient ceux de la culture et la philosophie sapi, et, peut-être même copiaient directement la tradition locale sur pierre. Quelques autres exemples suggèrent l’adoption dans la sculpture en pierre de motifs portugais présents sur des objets en ivoire. Des similitudes stylistiques peuvent se manifester dans les caractéristiques schématiques des physionomies et des gestes et de la posture. Les artistes chargés de sculpter l’ivoire pour les Portugais auraient été des artistes déjà hautement reconnus dans leur propre communauté et sculptant pour leur propre société. -
Kwiha (Tigray, Ethiopia): the Aksumite city
Kwiha, à une dizaine de kilomètres à l’est de Mekelle, capitale de l’État régional du Tigray, a été occupé de façon discontinue entre le iiie millénaire avant notre ère et la période contemporaine (Barnett 1999 : 135-138). Un abri sous roche, fouillé dans les années quarante, aurait été le lieu de productions d’obsidienne, puis de céramique, du iiie au ie millénaire. Kiwa et ses environs furent ensuite occupés pendant la période aksoumite, et peut-être déjà à la période pré-aksoumite, jusqu’à son déclin au viie siècle de notre ère. Kwiha, situé sur la route commerciale menant aux mines de sel de la dépression de l’Afar, était probablement un marché de sel très ancien, où les communautés musulmanes vivaient aux côtés des chrétiennes. Du cimetière musulman proviennent un nombre important de stèles islamiques portant des inscriptions arabes allant du xe au xiiie siècle. Suite à un amendement au protocole d’accord conclu avec le Centre français d’études éthiopiennes (CFEE), les chercheurs de l’université de Mekelle ont lancé un programme de recherche interdisciplinaire à long terme à Kwiha. Cette étude préliminaire avait pour objectif une évaluation provisoire de l’occupation du site et du territoire antique de Kwiha, de ses ressources naturelles et de l’utilisation des sols. Une collecte systématique de la céramique de surface à Kwiha et dans ses environs a été réalisée entre 2014 à 2017 et cet article en fait l’étude préliminaire. -
L'appropriation de la nature par l'Homme au Sahara égyptien (Gilf el-Kebir) au cours de l'optimum holocène
Au sein du Sahara oriental, à l’extrême sud-ouest de l’Égypte, le Gilf el-Kebir est un plateau de grès de 7 500 km2, découpé d’innombrables vallées sèches. Bordé au nord par la Grande Mer de Sable, le Gilf el-Kebir apparaît comme une région proéminente au milieu de vastes plaines sableuses. Le plateau est comme scindé en deux parties, nommées distinctement d’ailleurs par les explorateurs et géographes : plateau Abu Ras (Nord) et plateau Kemal el-Din (Sud). Massif au milieu des sables, il con... -
L’approche ethnoarchéologique de la céramique néolithique du site de Cachama, dans la province de Benguela en Angola
La notion de Néolithique en Angola, telle qu’elle apparaît dans la bibliographie, ne correspond à aucune réalité de production de végétaux ou de domestication des animaux, qui sont les bases d’une société néolithique en Europe. Pour l’instant, cette attribution vient de l’association de tessons de céramique et de matériel lithique en quartz ou en silex retrouvés notamment lors des fouilles de Cachama et de l’abri de Ganda. Pour l’ensemble des sites archéologiques angolais publiés, l’étude de ... -
L’art dans la lutte traditionnelle chez les San du Burkina Faso : le gnandôrô
Au Burkina Faso, les San sont reconnus comme formant une société à l’intérieur de laquelle, la pratique de la lutte comme exaltation de la valeur personnelle à travers l’expression de la force physique occupe une place importante. Culturellement enracinée dans la société, la lutte, après l’agriculture et avec la chasse, occupe les San une partie de l’année ; annuellement et à des moments précis elle donne lieu à des compétitions intra et extra villageoises. L’importance de cette pratique est matérialisée par un objet, le gnandôrô qui, en réalité est le symbole de la bravoure. La présente étude montre la naissance de la production artistique du gnandôrô, objet aux fonctions décorative, honorifique et funéraire dont les formes ont évolué avec le temps. -
L’art des abbia : une forme d’expression sculpturale du pays pahouin
Figure 1 - Le pays pahouin et les mouvements de populations Source : Perrois 2006 : 6 Les abbia : objets d’art et supports de jeu Des jetons de jeu Les abbia désignent les jetons d’un jeu du même nom, pratiqué par toutes les populations de la forêt du Sud-Cameroun. Ces jetons sont obtenus à partir du noyau du fruit d’une sapotacée (Mimusops le-testui Lecomte) qui, une fois ouvert en deux, est poli et patiné. Sur la face lisse ainsi préparée, l’artiste grave, à l’aide d’un couteau fin, les d...