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Les fils à double tête en alliage à base de cuivre de Koumbi Saleh (Mauritanie)
Fouilles et sondages opérés à Koumbi Saleh (sud-est de la Mauritanie) ont livré, parmi le matériel en métal à base de cuivre, des petits fils qui se distinguent aisément des autres objets de cuivre par leur forme relativement standardisée : un fil épaissi aux deux bouts. Ces fils ont été retrouvés dans toutes les fouilles conduites sur le tell central du site et les archéologues s’accordent à voir dans ces fils une monnaie divisionnaire, interprétation confortée par le récit d’Ibn Battutah, voyageur arabe du XIVe s. qui évoque l’usage de barres de cuivre pour le règlement des petites transactions dans la ville de Takedda. En étudiant ces petits objets –peu spectaculaires mais fortement signifiants– à travers l’éclairage des textes en langue arabe, celui des données archéologiques et de composition élémentaire du métal, nous présentons une discussion plus large sur la valeur du cuivre dans l’empire de Ghana et hors de l’empire, et sur certains changements économiques qui interviennent dans l’Extrême-Ouest africain après le milieu du XIe s. Ces fils, de surcroît, témoigneraient, bien avant qu’elle ne soit certifiée par les textes, d’une exploitation « médiévale » de gisements cuprifères ouest africains. -
Les forêts natales. Arts d’Afrique équatoriale atlantique
Du rouge au vert tout le jaune se meurtQuand chantent les aras dans les forêts natalesAbatis de pihisIl y a un poème à faire sur l’oiseau qui n’a qu’une aileNous l’enverrons en message téléphoniqueTraumatisme géantIl fait couler les yeuxVoilà une jolie jeune fille parmi les jeunes TurinaisesLe pauvre jeune homme se mouchait dans sa cravate blanche.Tu soulèveras le rideauEt maintenant voilà que s’ouvre la fenêtre…Guillaume Apollinaire Les fenêtres (Calligrammes 1918) Grande vitrine de l’exposi... -
Les gravures rupestres d’anthropomorphes du Dhar Néma
Dans la zone-refuge du Dhar Néma (Mauritanie), les gravures rupestres d’anthropomorphes participent à la compréhension des modes de vie des populations de la seconde moitié de l’Holocène. Ces représentations, dont l’état de conservation souligne l’urgence de leur étude, ont été relevées à Gedida (DN48), Tounfrin (DN60) et au Tarf el Rjeimat (DN71). L’analyse stylistique de ces ensembles, schématiques ou semi-schématiques, a permis de dégager deux styles. Hommes et femmes piquetés sur ces rochers portent parfois des attributs, céphaliques ou autres, ou sont représentés juchés sur des animaux. L’interprétation des scènes de vie, réalisée en tenant compte du contexte rupestre immédiat de chaque gravure, dépeint des populations où l’élevage et la chasse jouent un rôle important. La comparaison avec les ensembles régionaux proches des Dhars Tichitt et Oualata a montré de grandes similitudes dans les techniques de représentations, les styles et les scènes. Ceci a permis d’identifier deux périodes principales qui montrent la persistance de l’occupation humaine dans ces zones-refuges. La plus ancienne, qui regroupe la majorité des gravures, correspond à la période d’occupation néolithique de la région avec des hommes associés à des bœufs, des oryx ou, sur le Dhar Néma, à des girafes. Dans la plus récente, d’âge post-néolithique, figurent chevaux et autruches. -
Les groupes culturels du Néolithique et de l’Âge du Fer des régions de Louga, Thiès et Saint Louis (Sénégal) (du vie millénaire avant J.-C. au vie siècle après J.-C.)
Entre Dakar et Saint-Louis existe un secteur de dunes rouges ogoliennes fixes qui participe des zones margino-littorales. L’origine de nos recherches dans cette région nord-occidentale du Sénégal résulte d’un double constat : la quasi absence de documentation sur la zone littorale et ses marges pour le début de l’Holocène et la nécessité de comprendre le contexte de conservation que représente ce système dunaire fixe dit « ogolien ». C’est donc à la fois selon une démarche archéologique et t... -
Les masques « Krou » de Côte-d’Ivoire
Les masques « krou », admirés par les artistes du début du xxe siècle, sont surtout célèbres par leur plastique « cubiste ». Ils n’ont jamais été observés sur le terrain et on ne connaît même pas de manière certaine la population qui les a produits et utilisés. On ne sait rien de leur fonction, ni des circonstances lors desquelles ils étaient amenés à se produire. On ignore enfin le jugement esthétique que portait la population utilisatrice sur des masques faciaux souvent dépouillés de leurs coiffes, parures et ornements avant leur mise en exposition. Le présent texte essaie de répondre à ces questions en rapprochant des indices de natures diverses. Sont sollicités : deux séries de masques exposés au Musée Africain de Lyon, la mémoire missionnaire, la littérature ethnographique et esthétique, un texte peu connu de Georges Thomann, des étymologies, des photos de terrain de diverses époques et le rapport d’enquête d’une visite récente faite aux habitants d’un village de l’ethnie godié. De cette confrontation, quelques certitudes émergent : les masques de ce type semblent être l’œuvre de plusieurs groupes appartenant à l’ensemble linguistique Kru : les Bakwé, les Godié et, dans un passé récent, les Nèyo. Les masques, cubistes ou non, s’ordonnaient, chez les Godié, dans une séquence hiérarchisée de masques différenciés. Pour résoudre les problèmes non élucidés, de nouvelles enquêtes de terrain devraient être menées. -
Les masques à rayures peintes des Luba (Katanga / République Démocratique du Congo)
En s’appuyant notamment sur des documents photographiques et des aquarelles, cet article tente d’apporter un nouveau regard sur un petit ensemble de masques relevant des populations luba centrales de la zone Mwanza-Nionga. Ces faciès sculptés, qui furent en usage entre 1925 et 1940, se caractérisent par des traits minimalistes et des rayures peintes. La présente recherche menée sur ces objets vise à montrer que certains d’entre eux peuvent avoir des origines les rattachant aux Chewa du Malawi. Concernant leur usage, l’étude de textes et d’archives anciennes a permis d’établir une relation entre des spécimens cornus de masques rayés et des guildes de chasse. En revanche, il n’en va pas de même pour un autre exemplaire dépourvu d’éléments zoomorphes qui entretient des liens forts avec des confréries luba telles que celles des kilumbu ou des bambudye. -
Les masques en forme de cœur des zones forestières en Afrique centrale
La production artistique des peuples habitant les zones forestières en Afrique centrale se présente comme un système original complexe. Les éléments formels y sont en relation, tels les signes corporels, les institutions sociales, la nomenclature des figures de proue (chef, nganga, devin, forgeron), les signes naturels perçus comme des esprits ou des présences ancestrales. Cette étude se limite à examiner les visages en forme de cœur, archétype important. -
Les mégalithes du Sénégal et de la Gambie dans leur contexte régional
Les architectures en pierre du mégalithisme sénégambien ont longtemps été considérées comme une entité autonome sur une partie du continent africain qui, traditionnellement, privilégie plutôt les constructions en terre crue. Nos connaissances sur ces monuments furent profondément modifiées par dix ans de recherches archéologiques sur la nécropole mégalithique de Wanar (Sénégal), classée au titre du patrimoine mondial de l’humanité. Cet article a pour objet de replacer ces découvertes dans leur contexte régional, intégrant alors les données disponibles sur les monuments funéraires d’époques protohistoriques au Sénégal comme au Mali, en Guinée, en Guinée-Bissau, au Libéria et en Sierra Leone, voire parfois plus largement encore. Les auteurs ont montré – d’une manière plus systématique que dans les travaux antérieurs – que plusieurs des caractéristiques des rites funéraires sénégambiens peuvent trouver écho dans l’ethnologie de l’Afrique de l’Ouest. -
Les monuments mégalithiques du Somaliland
Les recherches au Somaliland, peu nombreuses mais précoces, dès la fin du xixe siècle, font état de structures à vocation principalement funéraire. Sommairement décrites dans la littérature, elles fournissent néanmoins quelques indications d’ordre typologique et chronologique. Des missions de prospection et des fouilles, entre 2002 et 2005, nous ont permis également de constater la présence de nombreux monuments mégalithiques de morphologie variée. Le bilan des travaux antérieurs, réalisés par nos prédécesseurs, joint à celui de nos propres recherches permet de proposer ici une typologie préliminaire – comportant quatre grandes familles de monuments – et de tenter d’asseoir une chronologie sur le temps long des différentes formes rencontrées. Cette discussion chronologique prendra en considération les structures funéraires décrites anciennement ou étudiées récemment dans un espace géographique plus large étendu à l’ensemble de la Corne de l’Afrique. -
Les ogo banya des Dogon
Les ogo banya sont des coupes ornées avec couvercle réalisées le plus souvent en bois de caïlcédrat vert (Khaya senegalensis). Ces objets sont rares : une cinquantaine seulement a pu être répertoriée. En dépit de leur faible nombre, les « coupes de Hogon » sont considérées comme des œuvres emblématiques de l’art dogon et sont admirées pour leur esthétisme. Dès 1905, le lieutenant Louis Desplagnes, en mission dans le massif central de la boucle du Moyen Niger, avait d’ailleurs qualifié ces productions d’« art ». Leur fonction reste cependant sujette à controverse car aucun document visuel ne montre l’objet en contexte d’utilisation. Afin de pouvoir répondre de la manière la plus plausible aux hypothèses émises par différents auteurs, les ogo banya seront étudiés à travers leurs contextes de découverte, leur iconographie et leurs caractéristiques techniques. -
Les productions céramiques protohistoriques de l’aire mégalithique sénégambienne dans le contexte de l’Afrique de l’Ouest aux ier et iie millénaires de notre ère
Situé en Afrique de l’Ouest sur les actuels territoires du Sénégal et de la Gambie, le phénomène mégalithique sénégambien constitue, avec près de 20 000 monuments répartis au sein d’une aire d’environ 30 000 km2, l’une des plus importantes concentrations d’architectures mégalithiques du continent africain (Martin & Becker 1974). En l’absence de sources textuelles ou orales, l’archéologie représente ici l’unique vecteur d’information sur ces structures à caractère funéraire. Les travaux menés ... -
Les sites paléolithiques de la province de la Nyanga (sud-ouest du Gabon)
Au cours des trois dernières décennies, le Paléolithique du Gabon a fait l’objet de nombreuses recherches. Celles-ci ont porté le plus souvent sur les mêmes régions confinant les autres à des terres quasiment inconnues. C’est le cas de la province de la Nyanga qui, comparativement aux régions de l’Estuaire, de l’Ogooué-Maritime, du Haut-Ogooué, du Moyen-Ogooué, de l’Ogooué-Ivindo, voire de la Ngounié, a très rarement attiré l’attention des chercheurs. S’inscrivant dans ce contexte chronologiq... -
Les terres cuites du delta intérieur du Niger : de l’esthétisme à l’histoire de l’art
L’analyse des publications traitant des statuettes en terres cuites du delta intérieur du Niger est l’occasion de faire une synthèse des connaissances : l’écrasante majorité des pièces provient de pillages et est complètement décontextualisée. Regroupées en catégories relevant de la logique du marché, elles sont irrémédiablement muettes quant à leurs origines et destinations.Il existe quelques œuvres découvertes lors de fouilles scientifiques, mais leur petit nombre tend à focaliser l’analyse sur un contexte qui tient plus du cas particulier que de la dimension historique plus large.Des recherches en cours sur les sites de la région de Thial en bordure du delta intérieur du Niger permettent d’aborder cette statuaire selon une perspective renouvelée et d’offrir des axes de réflexion pour une analyse des terres cuites du delta intérieur du Niger. -
Lost in Space? Reconstructing Frank Willett’s excavations at Ita Yemoo, Ile-Ife, Nigeria: Rescue Excavations (1957–1958) and Trench XIV (1962–1963)
Entre décembre 1957 et janvier 1958, Frank Willett dirigea une fouille de sauvetage à Ita Yemoo, Ile-Ife (Nigéria), afin d’apporter un éclairage scientifique sur la découverte fortuite par les ouvriers d’un chantier de construction d’un groupe de rares artefacts en laiton. Ita Yemoo allait se révéler être un site archéologique majeur, et F. Willett y poursuivit ses travaux de 1958 à 1963. Le site devint fameux pour ses « bronzes » et pour plusieurs têtes en terre cuite découvertes in situ, élevées au rang d’icônes de l’art d’Ife durant sa période de « florescence » entre les xiiie et xive siècles de notre ère. Son renom contraste cependant avec l’absence de publication détaillée de son archéologie. Dans cet article, nous faisons usage de photographies, croquis et notes de terrain extraits d’un fonds d’archives, riche mais encore peu connu, légué par Frank Willett à l’université de Glasgow ; notre objectif est de reconstituer les détails de sa première saison de fouilles sur ce site, interpréter ses observations et proposer une réflexion sur la nécessité de redécouvrir et de publier les archives oubliées du patrimoine archéologique de l’Afrique. -
Matériel lithique et architecture, quelles vies pour la matière ?
Depuis 2001, les recherches pluridisciplinaires menées sur le Dhar Néma, sous la responsabilité d’Alain Person, ont permis la mise en évidence de zones-refuges liées à l’existence de nappes aquifères fossiles dans la falaise (Dhar). Dans cette micro-région aux marges sud du Sahara, la présence d’habitats néolithiques de grande extension dans le baten montre un phénomène de concentration autour des espaces encore exploitables. Elle souligne la pérennité du peuplement au cours de la transition ... -
Monolithes sculptés akwanshi/atal de la Cross River (Nigéria-Cameroun)
La tradition des monolithes akwanshi/atal semble s’être développée sur les traces d’un fond régional commun de civilisation mégalithique de l’âge du fer ancien, auquel répond une assimilation des normes de la sculpture en bois et des arts du corps ; ceci en lien avec la mise en place vers le xvie siècle des institutions initiatiques et des rites agraires du groupe ikom. Aussi exceptionnels en Afrique que les monolithes phalliques sculptés d’Éthiopie et du Mali, ces monuments, plus ou moins difficiles à déplacer, n’ont pourtant cessé d’être prisés sur le marché international de l’art et d’alimenter les musées. Collectés dans des conditions souvent illégales, en relation avec les crises sécuritaires comme celles du Biafra, les akwanshi/atal posent différents problèmes de recherche comme ceux des contextes et conditions archéologiques de production, du sens des représentations dans la mémoire collective des groupes ethniques in situ, et des attributions et classifications stylistiques. Parallèlement à une synthèse des connaissances sur le sujet, cette étude propose une analyse diachronique des styles, à partir de trois séquences chrono-morphologiques, et un examen de la patrimonialisation locale et des collections internationales. -
Natamatao (Thial, Mali) : le sondage 10 et quelques vues d’ensemble sur le site
Le site de Natamatao (14°28’ N et 05°04’ W) se trouve au sud du village de Thial, dans le Delta Intérieur du Niger, au Mali (figure 1). C’est un amoncellement de terre sablo-argileuse en forme de dôme aplati présentant deux sommets. Du point de vue de la taille, la butte mesure plus de 150 m de longueur dans son axe le plus long orienté approximativement nord-sud. Elle domine la topographie actuelle de plus de 4 m de hauteur et a une superficie de plus de 10 000 m². D’après les anciens pilleu... -
Ndebele d’Afrique du Sud
En quelques années seulement, en pleine période de boycott culturel international contre l’apartheid, les Ndebele d’Afrique du Sud sont parvenus à faire reconnaître leur culture grâce à leurs techniques de peinture murale et à leur production d’ouvrages perlés. La géométrisation des motifs et les contrastes de couleurs en aplats ont séduit tant les chercheurs blancs sud-africains que les média et les touristes étrangers. L’émergence de cette « esthétique traditionnelle récente » s’inscrit dans une stratégie de reconnaissance identitaire qui prend sa source dans l’histoire même de la formation du peuple ndebele. Depuis la fin de l’apartheid se pose la question du devenir de ce style et du statut artistique acquis par ses deux principales représentantes. -
Notes sur Ndéba, une enceinte fortifiée à la frontière du Cameroun et du Nigéria
L’étude du site fortifié de Ndéba dans la région mambila du Cameroun (Adamaoua) laisse ressortir deux phases successives d’occupation : l’une datée du premier millénaire de notre ère, l’autre, marquée par la construction du fort, appartiendrait à la fin du xixe siècle, voire au début du xxe. Cet établissement est un témoin intéressant de la période d’insécurité généralisée qui couvre tout le xixe siècle, et qui est déjà connue par les sources historiques. Dans un tel contexte, peut-on le considérer comme l’illustration d’une manifestation de prise d’indépendance politique par une petite communauté de l’ouest du Cameroun central ? Cette réflexion est sans doute trop précoce, mais elle cherche à s’orienter vers une interrogation encore non résolue sur les antécédents de ce témoin archéologique visible et sur son enracinement éventuel dans le temps long. -
Nouvelle stèle anthropomorphe à Amorigé dans le Soddo (Éthiopie)
La partie supérieure d’une stèle anthropomorphe a été découverte à Amorigé dans le Soddo (Éthiopie). Sa base gisait en place à environ deux mètres. La dalle plate à tête cloisonnée devait à l’origine dépasser 3 m de hauteur. Son corps porte la triade symbolique avec le signe végétaliforme, deux disques à la place des seins, deux épées pointe en bas et deux zigzags verticaux. Elle appartient à la famille des stèles dites historiées, certaines masculines avec signe végétaliforme, d’autres féminines aux seins tombants. Plus au sud, dans la région de Butajira, F. Azaïs et R. Chambard ont dégagé devant deux stèles de ce style un grand coffre de pierre. Ces magnifiques stèles paraissent avoir été les marqueurs d’imposants tombeaux de personnages de haut rang et sont à dater des xii-xive siècles de notre ère. -
Nouvelles données sur les masques des Luba centraux et méridionaux (R. D. Congo)
En s’appuyant notamment sur des documents photographiques et des aquarelles, l’article –auquel se réfère cette note – tentait d’apporter un nouveau regard sur un petit ensemble de masques relevant des populations luba centrales de la zone Mwanza-Nionga. Ces faciès sculptés, qui furent en usage entre 1925 et 1940, se caractérisent par des traits minimalistes et des rayures peintes. La recherche menée sur ces objets visait à montrer que certains d’entre eux peuvent avoir des origines les rattac... -
Oasis bestiarum. Animals in Dakhleh Oasis rock art (Egypt)
Les animaux constituent la majeure partie des sujets gravés, relevés par la Petroglyph Unit du Dakhleh Oasis Project, dans l’oasis de Dakhla en Égypte. Cet article est l’occasion d’établir un tour d’horizon des espèces animales identifiables au sein du très riche corpus de figures zoomorphes, qui en compte 1429. Ces gravures sont étudiées ici principalement en termes de technique de production, caractéristiques formelles et chronologie. Leur signification potentielle est intentionnellement laissée de côté. Chaque catégorie de zoomorphe est étudiée individuellement, en commençant par les représentations les plus abondantes qui sont celles de girafes et d’oryx. En conclusion de l’article, la discussion finale permet de resituer l’art animalier de Dakhla dans un contexte plus vaste, et aborde la problématique des restes fauniques. Diverses questions concernant les matériaux analysés sont posées, questions qui sont également d’un intérêt plus large pour l’archéologie du Désert occidental égyptien. -
Oasis bestiarum. Les animaux dans l’art rupestre de l’oasis de Dakhla (Égypte)
Les animaux constituent la majeure partie des sujets gravés, relevés par la Petroglyph Unit du Dakhleh Oasis Project, dans l’oasis de Dakhla en Égypte. Cet article est l’occasion d’établir un tour d’horizon des espèces animales identifiables au sein du très riche corpus de figures zoomorphes, qui en compte 1429. Ces gravures sont étudiées ici principalement en termes de technique de production, caractéristiques formelles et chronologie. Leur signification potentielle est intentionnellement laissée de côté. Chaque catégorie de zoomorphe est étudiée individuellement, en commençant par les représentations les plus abondantes qui sont celles de girafes et d’oryx. En conclusion de l’article, la discussion finale permet de resituer l’art animalier de Dakhla dans un contexte plus vaste, et aborde la problématique des restes fauniques. Diverses questions concernant les matériaux analysés sont posées, questions qui sont également d’un intérêt plus large pour l’archéologie du Désert occidental égyptien. -
Of trees and men: new insights into man-environment relationships in the moist forests of central Africa during the late Holocene
En Afrique centrale, les forêts tropicales hébergent une biodiversité unique et procurent des services écosystémiques indispensables. Toutefois, elles subissent actuellement une pression anthropique croissante. Dans le contexte des changements globaux et dans le but de proposer des scénarios d’évolution, il est nécessaire de connaître le passé des forêts et les influences anthropiques qu’elles ont subies, afin de mieux prédire leur avenir. Traditionnellement, les études paléoécologiques docum... -
Origin disputed. The making, use and evaluation of Ghanaian textiles
Depuis les années 1990, un vif débat a pris forme au Ghana sur l’origine du kente. Les discussions portent principalement sur l’antériorité du tissage Asante sur le tissage Ewe. Cette acitvité est très ancienne dans de nombreuses régions du Ghana, et les relations entre les régions de parler Ewe et celles de parler Twi remontent aussi loin que le xixe s. au moins. Cet article vise à déméler et à mettre en évidence de quelle manière revendications et appropriations de l’origine du kente sont localement répétés et comprises et, à travers cet exemple, comment s’élaborent perceptions locales et réécritures du passé. Pour élucider les paradoxes qui apparaissent clairement, une analyse plus particulière est faite des différentes façons de voir, d’expérimenter, d’interpréter et de mettre en jeu le passé dans un domaine où les récits s’opposent. Les narrations ne font pas que créer des scénarios cohérents qui agencent de manière articulée des significations partagées mais sont aussi remodelées par ces revendications âpres pour le contrôle et l’autorité dans l’interprétation recevable du passé.