XVII-XVIII
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‘A true sign of a readie wit’ : Anger as an Art of Excess in Early Modern Dramatic and Moral Literature
La colère est vue comme une passion excessive dans la littérature de la première modernité, à la fois dans les traités des passions et dans le théâtre élisabéthain et jacobéen. Cet article étudie les représentations de la colère et la contradiction de cette passion qui est à la fois admirée quand elle caractérise un grand héros comme Achille, et condamnée parce qu’elle est vue comme violente, incontrôlable et allant à l’encontre d’une attitude civilisée. Il semble que dans les traités des passions, aussi bien que dans le théâtre de cette période, à la fois dans les comédies et les tragédies, la colère devient une apparence plutôt que la partie essentielle d’un tempérament. -
‘Love with excess of heat’: The Sonnet and Petrarchan Excess in the Late Elizabethan and Early Jacobean Periods
En Angleterre, à la Renaissance, l’amant pétrarquiste était la figure de l’excès par excellence. Dans les poèmes et les pièces de la fin de l’époque élisabéthaine et du début de l’ère jacobéenne, sa douleur et son désir excessifs étaient exprimés par une rhétorique spécifique, caractérisée par un recours systématique à certains procédés et un usage répété de lieux communs pétrarquistes. Cet état de fait a favorisé une conception du pétrarquisme en général, et du sonnet pétrarquiste en particulier comme une juxtaposition de clichés vide de sens. Cependant, la critique littéraire des dernières décennies a montré que les excès de l’amant étaient au cœur des problématiques soulevées par les sonnets. En ce sens, il convient de ne pas marginaliser les recueils amoureux dans le paysage littéraire de l’époque, bien qu’il faille reconnaître que leur ambiguïté morale les a probablement desservis. À partir de sources diverses, cet article montre le caractère central de l’excès et ses enjeux littéraires, culturels et moraux pour les poètes pétrarquistes et pour ceux qui critiquaient leurs écrits dans les années 1590 et 1600. -
‘Of our measure we have been debar’d’ : la mesure et le ‘manquant’ dans les récits d’apprentissage de Thomas Deloney, Richard Head et Francis Kirkman
La mesure régit le quotidien des corporations londoniennes et celui de leurs apprentis. Les récits de Thomas Deloney se conforment à la mesure et la perpétuent au travers de biographies d’artisans exemplaires, caractérisés par leur sobriété et leur tempérance. Au contraire, dans les récits de Richard Head et de Francis Kirkman, le personnage de l’apprenti s’affranchit constamment des règles édictées par son maître. L’excès semble être un élément fondamental de The English Rogue, puisque ce récit se construit dans les marges de la société, dans un no man’s land où les actes sont exécutés sans mètre-étalon, mais à l’aune de la débrouillardise et de l’escroquerie. -
‘The infusion of a China Plant […] sweetened with the Pith of an Indian Cane’: Consuming, Tasting and Visualising the Empire
Les dernières décennies du XVIIe siècle virent l’arrivée, sur les tables aristocratiques, des porcelaines et du thé importés de Chine par le biais du commerce avec l’East India Company, mais aussi du sucre, venu des Antilles. Au même moment, un type de nature morte prenant comme sujet la consommation du thé devenait très recherché. Thé, porcelaines et sucre dans ce type de peinture offrent un discours matériel sur les échanges mondiaux reliant Indes orientales et Antilles. Cet article montre qu’il s’agit alors de présenter une version matérielle de l’histoire de l’empire et une vision où l’empire s’apparente au monde des choses. La description du Royal Exchange de Joseph Addison dans son essai du Spectator (1711) vient corroborer cette idée, en offrant une image impériale de Londres sous le signe du commerce. Cette étude du texte d’Addison, de certaines natures mortes et peintures de conversation de l’époque, propose de s’intéresser à la représentation de l’empire sous l’angle de la consommation et de la matérialité. -
‘The lines I have chosen for my motto…’ : les fonctions des épigraphes dans les essais périodiques de Fielding, des anciens au moderne
« Aux lisières du texte se situent des lieux de grande importance stratégique, qui sont ce par quoi le texte cherche à trouver sa place dans un système, à légitimer son insertion dans un discours qui ne l'a pas attendu » (« Joseph Addison et la création littéraire » 1.41). On pourrait appliquer aux épigraphes cette phrase d'Alain Bony qui renvoie aux dédicaces, aux préfaces ainsi qu'aux prologues et aux épilogues au théâtre. Fielding emprunte la pratique de l'épigraphe et le masque d'une pers... -
‘Under a perfect government […] the earth would soon be overstocked’: Measure and Excess in Robert Wallace’s Various Prospects of Nature, Mankind and Providence (1761)
Quand un texte utopique aborde la question de la population, c’est le plus souvent sous l’angle du contrôle social et de la meilleure façon de faire respecter les règles de vie commune et les institutions. Celles-ci garantissent en effet la survie de la communauté entière. Dans Various Prospects, Robert Wallace aborde la question de la mesure et de l’excès de population d’une manière différente et originale. Malgré toute l’admiration qu’il exprime pour les utopistes anciens et modernes ainsi que pour leurs projets égalitaires, il soulève le problème de la finitude de la Terre qui ne pourrait supporter une croissance indéfinie de la population résultant d’une constitution parfaite. Il pose une conclusion en forme de théodicée: si Dieu permet le mal et l’injustice dans la société, c’est parce que les maux qui résulteraient de la surpopulation seraient plus grands encore. -
“[T]he most mortifying sight” : retour vers les Struldbrugs dans Gulliver’s Travels.
L’épisode des Struldbrugs occupe le chapitre X à la fin de la Troisième Partie de Gulliver’s Travels. Il met en scène des Immortels alors que Gulliver se trouve à Luggnagg. On a pu voir dans ces pages un épisode presque autonome, décrit parfois comme une fable. Mais ce dernier est tout de même inséré dans un récit qui possède sa logique et sa structure. Sa construction narrative amène à susciter une lecture décalée de celle de Gulliver. La parabole philosophique sur la mortalité et l’immortalité intervient en un lieu du texte qui fait sens dans son économie générale. Sans doute écrit en dernier, l’épisode s’inscrit dans un double temps, dans une séquence narrative et hors de celle-ci, dans un récit de voyage et hors d’une consécution d’aventures. Les Struldbrugs évoquent in fine les personnages de la littérature, mortels et immortels à la fois. -
“A Little Knowledge Is Still Knowledge”: Some Remarks About Locke’s Scepticism Concerning Scientific Knowledge
The charge of scepticism was already brought against Locke by one of his contemporaries: Bishop Stillingfleet criticized the limited range and certainty guaranteed to knowledge by the “new way of ideas” formulated in Locke’s Essay on Human Understanding. In his response to the bishop, Locke disclaimed scepticism as incompatible with a sincere love for truth and he denied validity to any inference of the non existence of substances from the uncertainty and obscurity of our knowledge of them. The same disclaimer can be extended to another kind of scepticism with which Locke has been charged more recently, relating to corpuscularianism: although it seemed inconceivable in many important aspects, corpuscularianism in Locke’s opinion was the theory which went closest to truth because its explanatory limits could not afford sufficient reasons to prefer alternative, more inconceivable hypotheses. -
“A Ploughman on His Legs is Higher than a Gentleman on His Knees”: The Representation of The Middling People in Benjamin Franklin’s Poor Richard’s almanac
Les différents aphorismes, maximes et chroniques qui composent Poor Richard’s Almanac, écrit et publié de 1733 à 1758 par Benjamin Franklin sous le pseudonyme de Richard Saunders, ne se contentent pas de donner des conseils et des règles de conduite au lecteur. Un effet de miroir révèle une description très vivante de la « sagesse populaire » de l’époque, dans laquelle l’exaltation de la vertu, de la modestie et de l’application dans le travail joue un rôle prépondérant. Ainsi, les conseils donnés par Franklin rejoignent la notion de « médiocrité dorée », mais une attention particulière doit également être portée à l’idée de représentation, sans oublier le caractère social et philosophique du message délivré. En effet, ils contribuent, à travers le personnage de Saunders, à mettre au jour un projet cher à Franklin : celui de rendre la société (ou, plutôt, la société américaine) meilleure, tout en s’inspirant de principes ayant vu le jour en Europe. -
“A small and a temporary deviation”: Edmund Burke’s Reflections on exception in Reflections on the Revolution in France
En soutenant que le changement de monarque qui résulta de la Glorieuse Révolution n'était que “a small and a temporary deviation from the strict order of a regular hereditary succession”, Edmund Burke défendait une interprétation de cet événement en termes de simple exception venant confirmer la règle. Alors que la Révolution française battait son plein de l'autre côté de la Manche, il s'agissait de désamorcer la lecture potentiellement révolutionnaire de Richard Price, selon qui le principe de souveraineté populaire avait été établi en 1688-1689. Mais comme Burke lui-même le reconnaissait, les hommes d'État de l’époque avaient été contraints de faire preuve d'une inventivité juridique considérable pour défendre l'idée de continuité dynastique, et pour gommer le fait très gênant que la constitution s'était bel et bien effondrée. Cela ne pouvait que jeter un doute sur le caractère simplement exceptionnel de la Glorieuse Révolution, ce qui suggère que l'interprétation de Richard Price avait plus de poids que Burke n'était prêt à l'admettre. -
“Against the spleen”: Tristram Shandy, Jest-books and Treatment for Melancholy
Lorsque Tristram affirme que son ouvrage est écrit « contre le spleen », on devine le scepticisme de Sterne. Ce scepticisme ironique ne remet pourtant pas en question l’affirmation de Tristram: il participe en réalité à sa réalisation. En replaçant Tristram Shandy dans le contexte de ses sources, notamment les textes médicaux contemporains, les sermons de Sterne, l’Anatomie de la mélancolie de Burton et les recueils de plaisanterie du xviiie siècle, on peut voir que Sterne invite le lecteur à participer à une forme de rire sceptique, qui vise à procurer une consolation philosophique face à la mélancolie. -
“Blotting and Blurring Demons”? The Paradoxical Place of Colour Printing in Blake’s Theory of Art
Lorsque son œuvre est évaluée à l’aune de la querelle classique du dessin et de la couleur, il est généralement tenu pour acquis que William Blake se situe parmi les tenants du premier. Une telle interprétation est étayée par ses écrits sur l’art, qui font à plusieurs reprises de l’acte de dessiner l’expression de pouvoirs intellectuels supérieurs, et dénigrent les effets de couleur comme autant de manifestations de faiblesse intellectuelle et de manque d’imagination. Toutefois, son utilisation de l’impression en couleur dans les années 1794 et 1795 révèle une sensibilité à la couleur et aux effets de texture qu’il est difficile d’associer à une démarche principalement linéaire. Si cette tension apparente entre les écrits de Blake sur l’art et une période importante de sa production a déjà été expliquée par une évolution de la perception de l’artiste, la présente étude insiste sur la continuité de sa pensée. Elle suggère notamment que le lien principal entre sa théorie de l’art et son travail d’impression en couleur est sa conviction que la production artistique doit être unifiée et immédiate, afin d’être authentique. -
“Breadth and Depth”: Some Remarks on Empire, Atlantic History and Vast Early America (Round-table II)
This essay explores the evolution of the study of the British-American Empire in the last 50 years, concluding with some comments on the state of current historiography and some speculation on where it might be heading. It contends that the “new social history” permitted colonial America to be studied in unprecedented depth, but also caused a “fragmentation” of our understanding of the larger field of Empire. After a few historiographical false starts, “Atlantic history” allowed a combination... -
“Considerately woven out of our selves”: The Attractions of Speech in Thomas Killigrew’s Comedies
De son vivant déjà, on disait du dramaturge Thomas Killigrew (1612-83) qu’il possédait un art consommé de la conversation. Malgré le regain d’intérêt que suscitent ses œuvres et le fait que l’on reconnaisse à ses personnages une aptitude pour les joutes verbales, la critique moderne n’a accordé que peu d’attention aux manifestations du bel esprit dans ses pièces. Cet article se propose d’étudier la nature des dialogues comiques de The Parson’s Wedding et de Thomaso ; or the Wanderer, ainsi que les usages qu’en fait Killigrew, et plus particulièrement de mettre en évidence ce qu’ils doivent à l’exubérance langagière du dramaturge et aux ambitions « littéraires » qui caractérisent l’édition folio de ses pièces, parue en 1664. -
“Emblemes, Ancient and Moderne”: George Wither’s Collection of Emblemes (1635) as an epitome of a changing mode of literary expression
Extrêmement répandus en Europe aux XVIe et XVIIe siècles, les emblèmes constituent un genre littéraire mixte qui allie gravures allégoriques et gloses poétiques pour faire naître le sens à travers une lecture simultanée des deux médias. Les emblèmes ont cependant existé sous de nombreuses formes différentes, et le genre emblématique demeure difficile à circonscrire avec précision. Nonobstant ces considérations, le recueil d’emblèmes du poète anglais George Wither constitue une illustration tout à fait unique du genre, à travers laquelle l’auteur témoigne des évolutions profondes que connaissent, à son époque, les considérations épistémologiques sur lesquelles se fondent les emblèmes. De plus, Wither met ses compositions bi-médiales au service d’un projet rhétorique complexe en y joignant un mécanisme étonnant et presque inédit : un jeu de loterie. À travers l’étude de ces éléments, nous tenterons de démontrer que l’œuvre de Wither atteste de la façon dont l’emblème est appréhendé durant la première moitié du XVIIe siècle, tout en présentant une façon nouvelle, ludique et interactive de lire un tel ouvrage. -
“Ha, ha, ha”: Modes of Satire in the Royalist Newsbook The Man in the Moon
The Man in the Moon fut publié pour la première fois en avril 1649 après le régicide alors que les autres journaux royalistes avaient définitivement disparu du marché ou connurent une brève renaissance. Affublé de qualificatifs péjoratifs tels que « grossier », « obscène », ou encore « réactionnaire et populaire » par plusieurs générations d’historiens, il ne serait rien d’autre qu’un exemple de « journalisme sensationnel et pornographique ». C’est précisément ce qui fait le sel de ce périodique, et la satire, revendiquée par son rédacteur John Crouch, occupe une place de choix dans ses colonnes, comme le montre le poème à visée programmatique qui ouvre le premier numéro. Le présent article a pour objectif de définir l’identité satirique de The Man in the Moon relativement à d’autres journaux royalistes. Il montre à quel point le rire donne forme au journal, puis explore les ressorts de la satire politique qu’il véhicule avant de s’interroger sur la façon dont la satire, et le rire qu’elle était censée susciter, permirent à un discours post-élégiaque de s’imposer dans la presse royaliste. Usant du rire en réponse à la propagande officielle diffusée par les publications proches du Commonwealth, The Man in the Moon s’employait avec légèreté à jouer la mouche du coche cependant que les cercles royalistes étaient pour l’essentiel en proie à l’abattement. C’est à ce titre que ce journal mérite une attention renouvelée. -
“I shall not trouble the reader”: Gulliver’s Travels, readers and reading
Judicieux, candides, curieux, indulgents, doux, courtois, ignorants… les lecteurs de Lemuel Gulliver sont caractérisés de diverses manières. Aussi convenus qu’ils puissent paraître, ces adjectifs font partie intégrante de la relation complexe que Jonathan Swift tisse avec ses lecteurs. Ces apostrophes, en proposant différents types de lecteur, mettent en évidence un procédé métatextuel par lequel Gulliver’s Travels étudie le rapport entre le texte et ses lecteurs, ainsi que sa propre textualité. Certains de ces adjectifs pourraient inciter les lecteurs réels à estimer qu’ils posséderaient de tels atouts, tandis qu’ils seraient sûrement tentés d’en attribuer d’autres uniquement à des lecteurs hypothétiques. La satire de Swift, pourtant, empêche pareille réaction, contraignant les lecteurs à examiner leur propre nature ainsi que leur statut de lecteur et à réfléchir à la lecture tout en la pratiquant. Bien que le narrateur affirme de manière répétée ne pas vouloir « déranger le lecteur », lire Gulliver’s Travels n’en demeure pas moins une expérience profondément troublante. -
“Modern Moral Gardens”: Nature, National Trust and the Modernity of Eighteenth-Century “English” Gardens
the beautiful Wildness of Nature, (Addison 4.190-91) for Water is of as much Use in Landscape, as Blood is in a Body.(Bickham 132) “Sight is at the core of Addison’s aesthetics and the garden metaphor his usual rhetorical tool to account for the Pleasures of the Imagination”, so wrote Alain Bony in 1999 (Joseph Addison 276). This is what encited me to engage further with the Addisonian scopic regime, and furthermore to look again at the reasons for the centrality of the garden metaphor. In fa... -
“She sat like a cypher”: Discursive Ventriloquism in Evelina
Innocente, ingénue et inexpérimentée, naturelle sans être parfaite, Evelina est consciente de ses propres émotions mais apparemment pas de l’effet qu’elle produit sur les personnages masculins. Projetée dans un monde nouveau où elle essaye de s’habituer à des codes de conduite qui lui sont étrangers, elle est souvent réduite au silence, mais ses pensées inexprimées sont déléguées à deux autres personnages féminins par un procédé de ventriloquisme dialogique. D’abord Madame Duval, dont la situation ressemble à celle d’Evelina, puis Mrs Selwyn, qui ne souffre pas des inhibitions de l’héroïne, expriment des pensées que celle-ci tait. Pendant la troisième partie du roman, lorsque Evelina vit sa crise d’identité, la voix narrative épistolaire s’épanche alors que celle, intradiégétique, du personnage, est progressivement réduite au silence. -
“Silence wants not either merit or amiableness”: les silences de Clarissa
Impossibilité du roman épistolaire, le silence est pourtant thématisé dans la Clarissa (1748) de Samuel Richardson. Les silences de Clarissa sont polyvalents : ils affectent la communication interne comme la communication externe, les conversations représentées tout comme la correspondance elle-même. Ce travail offre une typologie des différents silences à l’œuvre dans le second roman de Samuel Richardson. Il souligne l’importance de ce qui s’avère être un acte discursif à part entière dans la construction des personnages et s’efforce de mettre en évidence la spécificité des silences de la fiction. La thématique du silence invite à une réflexion sur le rôle et la place de la femme dans la société de Clarissa tout comme dans celle que les Familiar Letters (1741) de Richardson donnent à lire en creux. -
“Still, however, it is certain that young ladies should be more apt to hear than to speak“: Silence in Eighteenth Century Conduct Books for Young Women
Les manuels de bonne conduite publiés au xviiie siècle en Angleterre et destinés aux femmes de la “middling sort” traitent de la bienséance du silence féminin, envisagé dans le cadre de la conversation policée, dans des lieux, situations et contextes d’interlocution spécifiques. Ils traitent du silence comme moyen de communication non verbal, contribuant à la transmission de messages variés, à la promotion de certaines vertus, et à la dissimulation de secrets et de défauts. Ces manières d’envisager le silence soulignent une tendance générale vers une plus grande acceptation de la parole féminine tout au long du siècle. Le besoin naissant de prendre en considération les nouveaux idéaux féminins en lien avec la question du silence a pu concourir à la popularité croissante du genre. -
“The French, those Monkies of Mankind”: the Fronde as seen by the newsbook Mercurius Politicus
Mercurius Politicus was the Commonwealth’s official voice and, following Cromwell’s coup in 1653, was regarded as the Protectorate’s mouthpiece. It developed a reputation for providing first-rate coverage of foreign news, with France receiving its due share of space according to the course of events taking place across the Channel. This paper examines how France and the French were depicted by Mercurius Politicus contributors during the Fronde, which more or less coincided with the time of the Commonwealth. It also considers how the authors viewed the English revolution and the establishment of the Commonwealth with regard to the rebellion in France. It finally explains why the journalists’ attention was especially drawn to Bordeaux, where a more radical Fronde was taking place. -
“The Place of Show”: Commodities and the Commerce of Gazes in Ben Jonson’s Entertainment at Britain’s Burse
Le présent article se penche sur un divertissement de Ben Jonson, Entertainment at Britain’s Burse, créé à l’occasion de l’inauguration de la bourse du commerce détenue par Robert Cecil dans The Strand au printemps 1609. Ce divertissement ne témoigne pas simplement de l’essor du commerce mondial à cette époque. Son texte constitue aussi un document précieux pour comprendre comment s’élabore une « économie des regards » qui donne aux échanges commerciaux tant de force, et aux choses une valeur ajoutée. En mettant l’accent sur la structure rhétorique du divertissement mais aussi en prêtant une attention particulière aux qualités matérielles des objets exposés, cette étude cherche à montrer que cet ambivalent divertissement jonsonien met en scène et en acte un transfert de l’autorité de l’icône (ou de l’image religieuse) vers les objets de consommation, bien qu’il nous mette aussi en garde contre leurs potentialités frauduleuses (et théâtrales). -
“The reviewers reviewed”: Criticism in Eighteenth-Century Letters to the Editor
To the editor of The London Magazine:Sir, Finding you appropriate a part of your publication to criticism on the Monthly Review, I take the liberty to send you my thoughts concerning it. That the work has had some share of reputation, is certain; but that it loses it daily, is no less so [...]. I am of opinion, Mr. Editor, that although the proprietor might formerly employ two or three fanatical persons in the manufacture of it, he may have found it necessary to dismiss those journeymen, and ... -
“Transferring the British Club Model to the American Colonies: Mapping Spaces and Networks of Power (1720-70)”
Cet article se propose d’explorer les liens entre espace, mobilité et pouvoir dans l’histoire des premiers clubs américains, à travers l’étude d’une institution spécifique exportée depuis la Grande-Bretagne vers ses colonies. Indissociable de l’urbanisation, de la croissance commerciale et de l’expansion de la presse, la sociabilité du club répond parfaitement aux besoins d’intégration sociale, de partage de valeurs culturelles et de progrès collectif propres aux colons britanniques. Étudier les vecteurs et les modalités de transfert du modèle du club de l’autre côté de l’Atlantique permettra de retracer son destin colonial. Ce phénomène nous renseigne sur la façon dont les idées étaient diffusées, les pratiques sociales reproduites et adaptées dans les principales villes et ports coloniaux, sur le rôle d’individus et de cercles d’individus dans le succès des clubs coloniaux, sur la formation des élites sociales, politiques et culturelles. Dans quelle mesure les premiers clubs américains représentent-ils des espaces de pouvoir? Quelle influence ont-ils sur la constitution des nouvelles élites locales? Comment ces gentlemen se servent-ils de leur appartenance à un club pour construire leur identité sociale et leurs réseaux?