Afrique : Archéologie et Arts
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Afrique : Archéologie et Arts
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« Extraire le passé du présent » : colloque international et interdisciplinaire sur l’histoire précoloniale de l’Afrique
En mars 2021, des chercheurs d’Afrique, d’Europe, d’Amérique du Nord, d’Asie et d’Océanie se sont réunis en ligne, à l’occasion d’un colloque organisé par l’équipe du projet Banturivers, consacré à des questions liées au passé précolonial de l’Afrique. Il s’agissait de discuter de la démarche qui consiste à partir du présent pour explorer le passé. Le projet Banturivers est un ERC Starting Grant, intitulé « At a Crossroads of Bantu Expansions: Present and Past Riverside Communities in the Con... -
12th Mega Tchad Conference
From 2nd - 9th December 2003, the 12th Mega Chad Conference, entitled "Man and the Lake", held in Maiduguri, Borno State/Nigeria. The Conference was organised and hosted by University of Maiduguri. -
14e Congrès de l’Association Archéologique Panafricaine de Préhistoire et Disciplines Associées (PANAF)
Après le succès du congrès de Dakar (Sénégal) en 2010, l’Association Archéologique Panafricaine de Préhistoire et Disciplines Associées (PANAF) et la Société des Archéologues Africanistes (SAfA) ont organisé pour la seconde fois un congrès commun, cette année en Afrique du Sud. L’université de Witwatersrand à Johannesburg a vécu, du 14 au 18 juillet 2014, au rythme de cet évènement scientifique majeur, qui a réuni plusieurs centaines d’archéologues autour du thème général de « L’archéologie a... -
15e congrès de l’Association panafricaine d’archéologie, de préhistoire et disciplines associées
Le 15e congrès de l’Association panafricaine d’archéologie, de préhistoire et disciplines associées (PanAf) s’est tenu à Rabat (Maroc), du 10 au 14 septembre 2018. L’organisation était assurée conjointement par l’université Mohammed v de Rabat, l’Institut national des sciences d’archéologie et du patrimoine, les universités Mohammed ier d’Oujda et Moulay Ismail de Meknès, et l’on peut souligner l’excellence de la logistique mise en place pour accueillir les quelque 500 congressistes au sein d... -
Abou Tamsa : étude d’un nouveau site néolithique en Cyrénaïque (Libye)
La Libye apparaît comme une région-clé du Nord de l’Afrique : ses six frontières terrestres lui permettent d’être le lien entre le Maghreb à l’ouest, les massifs centraux sahariens au sud et l’Égypte à l’est. Ce pays est divisé en trois régions principales : la Tripolitaine et la Cyrénaïque au nord, séparées par le Golfe de Syrte ou Syrtique, et le Fezzan au sud. De ces régions, seul le Fezzan, ou plus exactement sa partie sud-occidentale constituée du Djebel Acacus, du plateau du Messak et d... -
African Elephants, Roan Antelope, Language and Rock Art
Les données linguistiques et éthologiques concernant les éléphants sont examinées en lien avec l’art rupestre d’Afrique du Sud, avec une attention particulière pour le comportement de ces grands animaux à défense qui deviennent dangereux et agressifs quand ils sont blessés. C’est le cas également de l’antilope rouanne (hippotrague) qui possède de longues cornes courbes. Dans cet article, je tente de démontrer que le comportement des éléphants et des antilopes blessés a pu constituer le point de départ de l’expression de quelques concepts identifiables dans l’art rupestre. Les mots peuvent être considérés comme des « fossiles » dans le contexte de ce que je nommerais une paléontologie linguistique. -
Alain Person (1948-2019)
Alain Person, juin 2019 © E. Honoré Près des fumerolles du lac Assal à Djibouti – le point le plus bas d’Afrique, 150 m au-dessous du niveau de la mer –, Alain nous a quittés le 16 novembre 2019. Maître de conférences émérite à l’ISTeP-UMR7193 (Institut des sciences de la terre de Paris), à Sorbonne Université (université Pierre et Marie Curie, Paris VI), Alain Person faisait partie aussi de l’équipe Ethnologie préhistorique de l’UMR 7041 du CNRS, dans laquelle il était co-responsable avec S... -
Approche de la notion d’art swahili : détermination, dénomination et analyse de ses composantes
Au sens strict, le mot « swahili » désigne les descendants des premiers colons arabes ou perses et de leurs femmes africaines. Dans un sens plus large, il fait référence à toute la population islamisée de la côte est africaine, d’origine africaine mais avec de possibles racines arabes, anciennes ou récentes, et dont le kiswahili est la langue maternelle. Cette ambiguité terminologique, qui ne date pas, du reste, d’aujourd’hui, représente un premier problème majeur pour qui veut étudier quelqu... -
Archaeological Evidence for Population Rise and Collapse between ~2500 and ~500 cal. yr BP in Western Central Africa
Des études paléoenvironnementales antérieures ont montré que des changements majeurs de la végétation et de l’environnement se sont produits en Afrique centrale à partir de l’Holocène moyen (ex. Maley & Brenac 1998). Plusieurs d’entre elles mettent en évidence une origine humaine et supposent que les grandes migrations de population, les innovations techniques (par exemple, la technologie de la fonte du fer) et/ou de nouveaux choix dans les pratiques agricoles, conduisant à la déforestation et au défrichement, sont les moteurs de ces changements. Cependant, à ce stade, l’absence de reconstitution démographique ne permet pas de soutenir pleinement ces hypothèses. Notre étude utilise une base de données archéologiques géoréférencées pour déduire la dynamique des populations et l’évolution des pratiques culturelles en Afrique centrale occidentale au cours des 5000 dernières années. Cette base de données comprend 1139 dates calibrées au 14C provenant de 425 sites – localisés dans le sud du Cameroun, au Gabon, en République du Congo, en Guinée équatoriale et dans la partie occidentale de la République démocratique du Congo –, remontant à un maximum de 5000 ans cal. BP. La modélisation des données indique une possible croissance de la population entre ~2500 et ~1500 ans cal. BP, coïncidant avec l’apparition à l’échelle régionale de techniques et de pratiques spécifiques. L’augmentation concomitante des fosses dépotoirs, des vestiges d’utilisation de palmier à huile Elaeis guineesis, l’apparition de rares restes de millet Pennisetum glaucum et la montée en puissance des vestiges de métallurgie du fer ont eu lieu pendant la seconde moitié du Néolithique, à partir d’environ 2800 ans cal. BP. Dans les régions côtières, la croissance de la population concerne le Néolithique et le début de l’âge du fer (2500-2000 ans cal. BP et 2000-1500 ans cal. BP), tandis que dans l’Hinterland cette croissance semble légèrement plus tardive (2400 et 1300 ans cal. BP). Il n’est pas possible d’identifier un phénomène commun de diffusion à partir d’un seul centre. Les innovations techniques et les nouvelles pratiques semblent plutôt s’être répandues à travers un large réseau d’interactions culturelles qui a favorisé la formation des sociétés d’Afrique centrale occidentale au cours du troisième millénaire avant notre ère. -
Archaeological investigation at the Danish plantation site of Brockman, Ghana
Des fouilles archéologiques conduites en janvier 2002 sur une plantation située en un lieu appelé Brockman ont livré à la fois des objets fabriqués localement et des céramiques vernissées européennes, des bouteilles, etc. Les bouteilles et les céramiques européennes sont de la fin du xixe siècle et, pour quelques-unes, du début du xxe. Le secteur du site qui a été fouillé a probablement été occupé après 1850, année pendant laquelle les Danois vendirent leurs possessions de la Gold Coast aux Anglais, et un peu avant ou après, l’abolition du commerce interne des esclaves et du statut légal des esclaves, respectivement en 1874 et 1875. Les objets découverts en fouille peuvent par conséquent ne pas être liés au Danois Neils Brock, dont les documents écrits attestent qu’il a acheté la plantation en 1834. Les formes des récipients en céramique locale montrent une influence Akan qui peut aussi être identifiée sur d’autres sites des Accra Plains ; elles attestent de l’hétérogénéité de la population de la région des Accra Plains résultant de mouvements de populations dont les Akan vers la région d’Accra en raison du commerce lucratif qui y était possible, non seulement d’esclaves, mais aussi de marchandises telles que l’huile de palme et l’or. -
Archaeological Investigations of Early Glass Production at Igbo-Olokun, Ile-Ife (Nigeria)
The sacred grove at Igbo Olokun, located in Ile-Ife, Southwestern Nigeria, has long been known for the massive quantities of glass beads (fig. 1-4) present on the surface and in subsurface deposits. Overshadowed by the bravura terracotta and copper alloy sculptures of human heads that characterize the so-called Classic period (12th-15th century A.D.) of Ife’s history, the glass materials at Igbo Olokun have received relatively cursory attention. Few of these materials have been described in a... -
Archaeological research at Tié (Kanem, Chad): excavations on Mound 1
Contrairement aux recherches sur son histoire, les recherches archéologiques dans la région tchadienne du Kanem n’ont commencé que très récemment. À l’heure actuelle, les vestiges matériels les plus remarquables sont les ruines de sites en briques cuites destinés aux élites, dont certains sont manifestement associés au sultanat du Kanem-Borno et sont datés de la période du xie au xive siècle de notre ère. Parmi ceux-ci, le lieu nommé Tié se distingue par un certain nombre d’attributs particuliers. Composé d’une enceinte en briques cuites d’environ 3,2 hectares, l’emplacement occupe non seulement la position centrale au sein d’un groupe compact de onze sites plus petits dans le centre du Kanem mais c’est apparemment aussi le plus grand emplacement connu construit uniquement avec des briques cuites. En outre, le lieu possède certaines caractéristiques propres à l’occupation qui ne sont visibles sur aucun des autres sites étudiés à ce jour par les auteurs. Le monticule 1 présente de telles caractéristiques ; c’est le monticule le plus au sud de deux grands monticules de débris du secteur nord-est du site. Des fouilles archéologiques récentes révèlent que le monticule 1 cache les restes d’un énorme bâtiment de plusieurs pièces, en briques cuites, relativement bien conservé, aux murs intérieurs plâtrés. La structure a été érigée au plus tard entre le milieu du xiie et le milieu du xiiie siècle de notre ère et était encore utilisée entre le début du xive et le début du xve siècle. Bien que sa fonction reste floue et sujette à interprétation, la découverte confirme le statut particulier de Tié par rapport aux autres sites en briques cuites destinés aux élites dans la région. -
Archéologie des métallurgies anciennes du cuivre dans le bassin du Niari, République du Congo
Le bassin du Niari, au sud de la République du Congo, abrite une des seules zones cuprifères majeures d’Afrique centrale. Ces gisements, dont l’exploitation est mentionnée dans les sources européennes dès le xvie siècle, occupaient une place importante dans les échanges régionaux. Plusieurs hypothèses ont par ailleurs été émises sur leur rôle dans l’émergence et l’expansion ultérieure d’entités politiques régionales comme le royaume de Kongo (Hilton 1985). Les sources historiques sont cependa... -
Archéologie du Congo : problème d’identification du Paléolithique inférieur et moyen
Notre mémoire de D.E.A. traite de la difficulté d’identification des périodes anciennes (Pré-acheuléen et acheuléen). Il aborde aussi les problèmes de terminologie et de chronologie qui y sont liés, à travers une étude critique basée sur la bibliographique existante. Bien que les premières découvertes archéologiques du pays datent de 1885 et les dernières de 1972, notre travail de recherche se base essentiellement sur les travaux de R. Lanfranchi (1972). Le Congo est un pays d’Afrique central... -
Autels en pierre des « lieux de Dieu » tsu’Ssi à Bansoa (Cameroun) : entre art des environnements sacrés et dépôts picturaux rituels
Absente des études sur les structures en pierre du Cameroun, la chefferie de Bansoa, au centre du plateau bamiléké, vient de révéler l’une des plus grandes concentrations de pierres dressées et de cairns du Grassland. Elle semble être le reflet de l’enracinement ancien d’une pratique culturelle pérennisée par un peuplement dense, à l’origine d’un marquage systématique de l’espace à travers la multiplication des « lieux de Dieu » tsu’Ssi, conservatoires des écosystèmes sacralisés. Au cœur de ce patrimoine, se trouve la figure mythique du kam’Ssi, sorte de prêtre dont les processions rituelles chargent les autels de pierres de dépôts picturaux aussi symboliques que sensoriels. Ce rapport de l’objet d’étude à une ethnologie encore bien vivante permet d’apprécier celui-ci dans toutes ses composantes et eu égard à l’histoire générale des structures en pierre de la région. -
Aux origines africaines de l’homme
L’histoire paléontologique de l’homme s’est largement enrichie ces dix dernières années par la découverte de plusieurs ancêtres potentiels de l’homme, de gorilles et de chimpanzés en Afrique permettant de mieux construire notre arbre phylogénétique (même si ces données sont toujours débattues). Leur âge dépasse les estimations couramment admises par la communauté scientifique (divergence homme chimpanzé, 4 à 6 millions d’années ; séparation gorille du groupe chimpanzé/homme à 9 millions d’années). Alors que le berceau de notre lignée semble bien africain, certains auteurs admettent que des hominoïdes sortis d’Afrique au Miocène moyen se seraient développés en Eurasie pour revenir en Afrique au Miocène supérieur et donner naissance à notre lignée. Cette dernière hypothèse ne tient, cependant, pas compte d’un certain nombre de données récentes. L’Afrique a été peuplée d’hominoïdes depuis 25 millions d’années environ et, bien que ceux-ci aient émigré vers l’Eurasie au Miocène moyen en liaison avec les changements climatiques subis par le globe à cette époque, on ne peut pour autant pas affirmer que leurs descendants sont nos ancêtres directs. En effet, l’Afrique et le Sud de l’Eurasie se trouvaient sous un climat tropical au Miocène moyen et supérieur et une connexion existait entre les deux continents. Il semble donc assez probable que les hominoïdes aient pu se déplacer assez fréquemment d’une région à l’autre, mais rien ne plaide aujourd’hui en la faveur d’une origine exclusive eurasiatique. -
Bilan en 1977 des recherches archéologiques à Tegdaoust et Koumbi Saleh (Mauritanie)
Les auteurs, qui ont organisé et conduit les missions de recherche archéologique sur les sites de Tegdaoust, Koumbi Saleh et Azougui présentent ici, dans un article écrit en 1977, une vision d’ensemble –fondée sur la pratique de terrain– de la recherche sur les sites médiévaux à cette époque. Ce texte, antérieur à la soutenance des nombreuses thèses sur Tegdaoust et à celle sur Koumbi Saleh, reste au plus près des données immédiates du terrain apportées par des chantiers qui fonctionnaient de manière synchrone. Cette vision « horizontale » nous place ainsi au cœur de la construction du savoir propre à chaque site, transcrit les pistes de recherches suggérées par la fouille, l’effort d’harmonisation, de corrélation entre les zones fouillées, propre à chacun des grands sites. Elle évite ausssi le biais personnel apporté par les thèses –qui ont « naturellement » tendance à survaloriser l’objet même de la thèse– qui lui ont succédé. Des données archéologiques précises sur la grande mosquée de Koumbi Saleh et sur ses rapports avec le quartier environnant sont, pour la première fois, rendues publiques. -
Chaînes opératoires de montage et fonctions sociales : les poteries de mariage somono (Mali)
Cette contribution tente de répondre à la question suivante : existe-t-il dans les traditions céramiques actuelles du delta intérieur du Niger au Mali une relation entre les variations de chaînes opératoires de montage et les fonctions des poteries ? L’analyse proposée fait appel aux données ethnoarchéologiques du Delta et concerne la tradition céramique somono. Cette dernière présente, à côté des poteries d’usage courant, des poteries richement décorées qui peuvent, exceptionnellement, être fabriquées par des potières bambara avec des registres décoratifs comparables, mais aussi des caractéristiques morphologiques distinctes au niveau des fonds. Ces poteries concernent des utilisations domestiques, gestion de l’eau, confort ménager et certains usages sociaux, mais non la préparation de la nourriture. Alors que les poteries d’usage courant sont introduites dans l’économie de marché et vendues sur les marchés hebdomadaires, les poteries richement décorées échappent à ce mode de diffusion et font l’objet de dons, notamment à l’occasion de mariages ou lors d’une naissance. Elles se retrouvent donc essentiellement dans les familles de ce groupe ethnique. La répartition géographique des poteries décorées signale leur zone de production et ainsi la région occupée par les Somono. En résumé, le contexte politique et social introduit une variabilité significative : spécification du montage de la préforme face aux traditions étrangères et investissement décoratif important dans les poteries de mariage particulières au groupe ethnique. -
Chelba-Tutitti : site à stèles phalliques du sud de l’Éthiopie
De nombreuses stèles ont été dressées dans la région de la vallée du Rift au sud de l’Éthiopie dont quelques-unes ont fait l’objet de fouilles dès le début du xxe siècle, essentiellement par des équipes françaises. Si le caractère funéraire des ces pierres dressées, souvent décorées, a été mis en évidence pour différents types d’entre elles, stèles aux épées du Soddo et stèles anthropomorphes du pays Gédéo en particulier, rien n’était encore vraiment connu des milliers de stèles phalliques du Sidamo. En 2009 a démarré un programme d’étude de ce type de stèle sur le site de Chelba-Tutitti qui compte plus d’un millier de pierres dressées. Les premiers résultats présentés ici montrent qu’elles ne sont pas directement associées à des tombes mais pourraient être en rapport avec un long tertre situé au nord du site et qui sera étudié lors de la prochaine campagne de décembre 2010. Déjà en 1925, F. Azaïs (1931) avait fouillé un tumulus associé à des stèles phalliques où il avait découvert quelques ossements humains, une hache polie et de nombreuses obsidiennes sans en comprendre les relations avec les stèles. -
Claude Guérin (1939-2016)
Figure 1 – Claude Guérin en 2007 © M. Faure Claude Guérin, paléontologue vertébriste et enseignant-chercheur à l’université Claude Bernard-Lyon 1 est né le 4 septembre 1939 à Sainte-Foy-lès-Lyon (Rhône). Il nous a quittés le 22 août 2016 ; il avait 77 ans. Après des études secondaires à Vienne (Isère), il accède à la faculté des sciences de Lyon où il obtient en 1963 une licence ès sciences naturelles et le diplôme d’études supérieures de géologie-paléontologie, sa vraie passion. Il s’intér... -
Comment se constituent les collections : l’exemple sénoufo
Cette étude tente de montrer que, si la constitution des collections sénoufo suit les aléas de la découverte occidentale des arts des pays du Sud, elle présente aussi certaines particularités liées à ceux qui les ont rassemblées et aux institutions qui les ont accueillies. La présence ancienne (premier quart du xxe siècle) de collections missionnaires doit être relevée. Puis les objets disparates réunis sur le terrain, organisés en petits ensembles, ont pris la direction des musées publics métropolitains ou africains. Les études ethnologiques et esthétiques, bien postérieures, ont souvent été couplées à des expositions temporaires. Les approches thématiques traitant de matières et de techniques restent tardives (dernier quart du xxe siècle). Les études régionales sont venues en dernier avec l’éclosion en Afrique de musées (nationaux ou régionaux) dont le devenir est encore loin d’être assuré. Ainsi pourrait s’amorcer un retour des objets vers leurs utilisateurs premiers et les artistes qui les ont produits. -
Costumes, églises et identités en Afrique du Sud
La création du vêtement religieux, est née, comme beaucoup d’autres formes d’art dont le perlage, des interactions culturelles qui caractérisent l’histoire de l’Afrique du Sud. L’implantation du christianisme marque avec l’introduction du vêtement occidental le point de départ d’une création du costume dans les communautés chrétiennes noires. Depuis le début du xxe siècle, s’opère un développement spécifique des costumes religieux, souvent riches en couleurs et accessoires. Dans la ville de J... -
Cultures lithiques dans les monts Mandara au Cameroun
Des recherches récemment menées dans les monts Mandara ont permis de mettre en évidence le dynamisme de son patrimoine culturel lithique à travers les expressions sensibles du mégalithisme, de l’art rupestre, des mobiliers et structures diverses de pierres. Des pierres qui sont les indices de valeurs liées autant aux statuts sociaux qu’à des marquages territoriaux. Un héritage multiple à l’intérêt archéologique, socio-historique, anthropologique et même esthétique illustré à travers des rituels cultuels, agraires, initiatiques, divinatoires. -
De l’interprétation des tombes à stèles des Konso d’Éthiopie
La société konso du sud de l’Éthiopie, que nous percevons à travers les études de plusieurs chercheurs ayant séjourné longuement sur le terrain entre 1965 et aujourd’hui, est confrontée aux écrits d’une équipe allemande qui séjourna quelque temps chez les Konso en 1935. D’importantes différences sociales seraient survenues chez ce peuple en l’espace d’une trentaine d’années (1935-1965). Des incohérences sont alors apparues dans le texte de l’expédition d’A. Jensen au sujet du rôle des chefs coutumiers et religieux (les poqolla) et de la situation de leurs tombes signalées par F. Azaïs et R. Chambard (1931), dix ans avant le passage d’A. Jensen, aux mêmes endroits que de nos jours. Ces données, antérieures à 1935, vont dans le sens de ce qui est connu actuellement. Elles laissent planer un doute sur les assertions d’A. Jensen (1936) soutenues dans un récent article de C. Jeunesse (2016). -
Débats autour d’une origine. La fabrication, l’utilisation et l’appréhension des textiles ghanéens
Depuis les années 1990, un vif débat a pris forme au Ghana sur l’origine du kente. Les discussions portent principalement sur l’antériorité du tissage Asante sur le tissage Ewe. Cette acitvité est très ancienne dans de nombreuses régions du Ghana, et les relations entre les régions de parler Ewe et celles de parler Twi remontent aussi loin que le xixe s. au moins. Cet article vise à déméler et à mettre en évidence de quelle manière revendications et appropriations de l’origine du kente sont localement répétés et comprises et, à travers cet exemple, comment s’élaborent perceptions locales et réécritures du passé. Pour élucider les paradoxes qui apparaissent clairement, une analyse plus particulière est faite des différentes façons de voir, d’expérimenter, d’interpréter et de mettre en jeu le passé dans un domaine où les récits s’opposent. Les narrations ne font pas que créer des scénarios cohérents qui agencent de manière articulée des significations partagées mais sont aussi remodelées par ces revendications âpres pour le contrôle et l’autorité dans l’interprétation recevable du passé.